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Pompes funèbres > Les dossiers > L'Egypte ancienne Momification
L'Egypte ancienne Momification
Les anciens Égyptiens croyaient à la résurrection du corps et à la vie éternelle.
Cette croyance découlait de ce qu'ils pouvaient observer chaque jour. Le soleil tombait
dans l'horizon occidental chaque soir et renaissait le lendemain matin à l'est. Une vie
nouvelle jaillissait des grains plantés dans la terre, et la lune croissait et
décroissait. Tant que l'ordre était maintenu, tout suivait son cours normalement, et la
vie après la mort était possible si l'on respectait certaines conditions. Par exemple,
le corps devait être préservé grâce à la momification et placé dans une tombe où
l'on avait déposé tout ce qui était nécessaire à la vie dans l'au-delà.
La momification, la conservation des corps, était décrite dans les anciens Textes des
pyramides. À la mort d'Osiris, dieu des morts, le cosmos fut jeté dans le chaos et les
larmes des dieux se transformèrent en matières pour momifier son corps, et notamment du
miel, des résines et de l'encens.
Avant que la pratique de la momification ne voie le jour, le corps était placé dans la
position d'un ftus endormi et mis dans une fosse avec certaines possessions
personnelles du défunt, par exemple des poteries et des bijoux. La fosse était ensuite
comblée avec du sable, qui absorbait l'humidité corporelle, ce qui le préservait. On en
vint à recouvrir les parois des fosses de briques de boue et à ajouter un plafond à la
structure. Les défunts furent enveloppés dans des peaux d'animaux ou enterrés dans des
cercueils de poterie, de vannerie ou de bois. Ces présumées améliorations hâtaient
plutôt la décomposition, car le corps n'était plus en contact avec le sable chaud. Pour
résoudre ce problème, on commença à retirer les organes internes du défunt et à
utiliser des agents desséchants pour momifier le corps.
L'usage de momifier les corps en Égypte remonte à 2400 av. J.-C. et fut conservé jusque
pendant la période gréco-romaine. Sous l'Ancien Empire, on croyait que seuls les
pharaons pouvaient atteindre l'immortalité. Mais vers 2000 av. J.-C., cette croyance
évolua : chacun pouvait vivre dans l'au-delà pourvu que son corps ait été momifié et
qu'on ait placé dans la tombe tout ce qu'il fallait. Cependant, comme la momification
était coûteuse, seuls les riches pouvaient se la permettre. La momification n'était pas
essentielle à la résurrection dans l'autre monde, mais elle était considérée comme un
moyen hautement souhaitable de l'atteindre. Les prières du Livre des morts visaient à
aider le défunt à passer dans l'au-delà.
L'art de la momification fut perfectionné au cours de la troisième période
intermédiaire (1070-712 av. J.-C.). Vers 450 av. J.-C. (Basse Époque), l'historien grec
Hérodote a décrit le processus :
D'abord, à l'aide d'un crochet de fer, on extrait par les narines autant du cerveau que
possible, et ce que le crochet ne peut atteindre est dissous avec des drogues. Ensuite, on
fait une incision le long du flanc [...] et on retire tout l'intérieur de l'abdomen. La
cavité est ensuite nettoyée et lavée [...] Puis elle est remplie de myrrhe pure
broyée, de cannelle et de tous autres aromates à l'exception de l'encens. [L'incision]
est recousue, puis ils laissent le corps entièrement plongé dans du natron durant
soixante-dix jours, jamais plus longtemps. Après ce temps [...] le corps est lavé et
enveloppé de la tête aux pieds de bandelettes de lin dont l'envers a été recouvert
d'une couche de gomme, couramment utilisée par les Égyptiens au lieu de colle.
Le natron, un désinfectant et un agent dessiccatif, était le principal ingrédient
utilisé dans ce processus de la momification. Composé de carbonate de sodium (sel) et de
bicarbonate du soude, le natron servait essentiellement à dessécher le corps. On
l'extrayait des lits de rivières asséchées et on en remplissait des sacs de lin qu'on
entassait autour du corps, et dont on bourrait également l'intérieur, et qu'on laissait
en place de 35 à 40 jours pour débarrasser les tissus de leur humidité. En enlevant les
organes et en remplissant la cavité intérieure de natron sec, on préservait les tissus
corporels. Le corps était rempli de boue du Nil, de sciure de bois, de lichen et de bouts
de tissu pour le rendre plus souple. On utilisait parfois de petits oignons ou des tampons
de lin pour remplacer les yeux. À partir de la IIIe dynastie, les viscères (à
l'exception du cur) étaient extraits, lavés avec du vin de palme et des épices,
et placés séparément dans des canopes en calcaire, en calcite ou en argile. Avant cette
époque, le contenu de la cavité abdominale était retiré, enveloppé et enterré dans
le sol de la tombe.
- Matières utilisées pour la momification :
1.lin
2.sciure de bois
3.lichen
4.cire d'abeille
5.résin
6.natron
7.oignon
8.boue du Nil
9.tampons de lin
10.encens
- Outils servant à la momification :
Crochets pour extraire le cerveau
Jarre à huile
Entonnoir
Couteau d'embaumeur
Le cadavre était ensuite lavé, enveloppé dans plusieurs couches
de lin (jusqu'à 35 dans certains cas) et plongé dans des résines et des huiles. La peau
prenait alors une teinte noirâtre semblable à celle de la poix. Le mot
"momification" vient de l'arabe "mûmiyâ", signifiant bitume, une
substance qui fut utilisée pour la première fois dans le processus de préservation au
cours de la période tardive. La famille du défunt fournissait le lin nécessaire, lequel
provenait de vieux draps ou de vêtements usagés.
À partir du Moyen Empire, la pratique s'établit de placer un masque sur le visage du
défunt. La majorité de ces masques étaient en cartonnage (papyrus ou lin recouvert d'un
enduit de plâtre), mais on utilisait également le bois et, dans le cas des momies
royales, l'argent et l'or. Le masque le plus célèbre est celui de Toutankhamon.
Les embaumeurs de l'antiquité utilisaient très peu d'outils, et une fois leur travail
terminé ils les laissaient parfois dans la tombe ou aux alentours. L'outillage de base
était constitué d'un couteau pour inciser l'abdomen, de tiges de bronze recourbées pour
extraire le cerveau, d'un outil en bois semblable à une herminette pour prélever les
organes internes, et d'un entonnoir pour verser les résines par le nez dans la boîte
crânienne.
Les Égyptiens momifiaient des êtres humains et des millions d'animaux, d'oiseaux,
d'insectes et de poissons de toutes sortes, des taureaux aux faucons en passant par les
ichneumons et les serpents. Certains ont été trouvés en grand nombre tandis que
d'autres sont rares. De nombreuses espèces étaient élevées dans les temples pour être
sacrifiées au dieux. Les chats étaient des membres très appréciés de la maisonnée
dans l'Égypte ancienne. Ils détruisaient les rats et les souris, qui autrement auraient
infesté les greniers, et aidaient à chasser les oiseaux et à pêcher le poisson. Des
autopsies pratiquées sur des chats ont révélé que la plupart avaient eu le cou brisé
alors qu'ils avaient environ deux ans. Au XIXe siècle, d'énormes quantités de momies de
chats ont été expédiées en Angleterre pour servir d'engrais.
La pratique de la momification connut son apogée au cours des XIe et XIIe siècles av.
J.-C. à Thèbes, là où s'élèvent actuellement les villes de Louxor et de Karnak. La
momification avait pour objet de préserver l'intégrité du corps pour qu'il puisse
accéder à une vie spirituelle après la mort.
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