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Le Brésil
Les rites funéraires dans le monde : Le Brésil
(Salon Funéraire Edition).
Au Brésil, un problème de climat intervient. L'humidité et la chaleur imposent d'enterrer les morts dans les vingt-quatre heures qui suivent le décès. Cette hâte nécessaire a permis aux gérants de cimetières privés de concevoir et d'organiser des services "tout compris" dont le coût met à profit, il faut bien le dire, le désarroi des familles prises entre leur chagrin et le délai impératif.
Ce sont, en effet, les cimetières privés qui ont la haute main sur le marché funéraire, au Brésil. Les cimetières municipaux qui existent encore dans les grandes villes sont tous déficitaires et les municipalités n'ont pas d'argent pour les entretenir.
En revanche, il s'ouvre toujours de nombreux cimetières privés qui, compte tenu des circonstances, imposent leurs prix et sont des entreprises commerciales florissantes. Rien qu'à Sao Paulo et à Rio, il y a plus de 50 cimetières privés et leur nombre ne cesse d'augmenter. Afin de ne pas être prise au dépourvu, chaque famille achète une "place sous-terre", comme on achète un appartement et, comme lui, la paye à crédit, en 10, 15 ou 20 ans, par mensualités auxquelles s'ajoute une taxe d'entretien, elle aussi, mensuelle.
Chacun de ces cimetières, ou presque, dispose d'une entreprise de pompes funèbres qui lui est rattachée. A Rio et à Sao Paulo, les deux villes les plus peuplées, une quarantaine d'entreprises assurent le service.
| Les "packages" qu'elles proposent comprennent tout, de la toilette du mort à la pierre tombale, en passant par le cercueil, les fleurs, la cérémonie religieuse, les chants et l'emplacement au cimetière. Elles pratiquent des prix franchement prohibitifs qui sont acceptés d'une part, parce que l'Amérique latine a du goût pour les cérémonies et d'autre part, parce que, comme toutes les populations pauvres, la majorité des Brésiliens a toujours peur de ne pas en faire assez pour ses morts; la tyrannie du délai de 24 heures boucle l'affaire.
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Autant les anciens cimetières brésiliens se présentent avec une surabondance de marbre (tombeaux, croix, stèles, chapelles), autant les plus récents sont dépouillés. Ce sont d'immenses champs gazonnés, avec quelques arbres et quelques massifs de fleurs. Les tombes sont entièrement recouvertes de gazon et ne comportent qu'une plaque de bronze, avec les noms et dates de naissance et de décès des personnes enterrées.
Dans les cimetières de l'ancienne tradition, les pierres tombales et les monuments funéraires sont imposants. Les marbriers et granitiers constituent une puissante corporation.
Certaines de ces entreprises ont une production abondante qui leur permet d'exporter des pierres jusqu'en Europe, notamment en France, aussi bien pour le bâtiment que pour l'art funéraire.
Le taux d'incinération, au Brésil, est pratiquement nul. Il n'existait sur tout le territoire, grand comme 16 fois la France, qu'un seul crématorium, le "Crematorio Sao Pedro", à Sao Paulo. Cet établissement, en service depuis 1974, a incinéré 12 500 personnes en 15 ans, sur une population de 150 millions d'habitants.
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