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Dossiers: les rites funéraires et les
religions, les rites funéraires et les civilisations.
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A l'instar du rituel funéraire dont la finalité subtile est de rassurer...
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Les rites funéraires des Chams sont fortement marqués par la religion qu'ils pratiquent...
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La religion chrétienne apporte le salut par la grâce...
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La tolérance des hindoux, en matière spirituelle est remarquable.
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Les rites funéraires > et les Religions > Le judaïsme
Le judaïsme

Le judaïsme adhère aux principes moraux et
spirituels qui forme la base de sa foi. L'existence d'un Dieu unique, l'espérance
messianique, la survie de l'âme et la résurrection des morts.
Il traduit à la fois la fidélité à une religion (Le caractère intangible de la Bible
hébraïque), à une culture (indissociabilité des lois morales et spirituelles : La
tradition juive exige que l'homme ait constamment la tête couverte en signe de soumission
à Dieu ; le port de la calotte est devenu un symbole de reconnaissance à l'adhésion au
Judaïsme) et l'appartenance à une ethnie (nécessité de concrétiser les pensées par
des actes). Forte d'une tradition écrite : la Bible (Ancien Testament pour les
chrétiens), elle-même composée de trois parties : la Torah, le Pentateuque (les cinq
livres de Moïse) et les Prophètes, la religion juive est la seule à s'être enrichie
d'une tradition orale transmise et enseignée de génération en génération. La Torah
orale, commentaire des Lois, a donné naissance à la Michnah, transcription méthodique
et synthétique des préceptes de la loi juive. Les innombrables commentaires rabbiniques
portant sur la Michnah, effectués sur plusieurs générations, sont eux mêmes devenus
Guemarah.
Le juif doit se soumettre intégralement aux commandements bibliques, qui sont
considérés comme des ordres divins. Cette conception de la foi, provient de la
révélation de Dieu au Mont Sinaï.
Le judaïsme exige du croyant un comportement moral le plus parfait possible. Les lois
morales exprimées dans la bible, sont aussi contraignantes que les lois rituelles qui
déterminent l'attitude de l'homme face à Dieu.
Une des affirmations de judaïsme est: On ne peut aimer Dieu que si on aime l'homme et on
ne peut aimer l'homme sans aimer Dieu.
La foi seule ne garantit pas la piété d'un individu, il faut encore qu'elle se traduise
par des aides. Bien entendu tous les juifs n'adhèrent pas à ces pratiques. Certains se
contentent de célébrer certaines fêtes, et d'autres respectent la totalité des
commandements.
Contrairement à certaines religions qui se réfèrent à un âge d'or situé dans le
passé, le judaïsme tend vers un avenir marqué par la venue du Messie, porteur de paix
et d'abondance pour l'humanité toute entière. L'ère messianique verra le retour du
peuple juif en Terre Sainte, l'acceptation de la souveraineté de Dieu par tous les
hommes, la réconciliation entre les nations et Israël. Précédée de nombreuses et
terribles catastrophes, elle sera suivie de la Résurrection des Morts. la Repentance
("Techouvah" en Hébreu).
Le calendrier s'ouvre sur "Roch Hachanah", le nouvel an juif, célébré courant
septembre. Jour anniversaire de la création du monde par Dieu, c'est aussi celui où Dieu
ouvre le Livre de la Vie et de la Mort et y inscrit les actes accomplis en cours d'année
par tout individu. Ce n'est que dix jours après Roch Hachanah, c'est-à-dire à la fin de
"Yom Kippour" qui est le Jour des Expiations, que Dieu referme le Livre de la
Vie et de la Mort, scellant ainsi le destin de chacun pour l'année à venir. Cette
période de dix jours comprise entre Roch Hachanah, le nouvel an, et Yom Kippour, le Grand
Pardon, est appelée : "Yamim Noraïm" ou "Jours Redoutables". Après
10 jours de pénitence et de bonnes actions, le juif vit la journée la plus exaltante de
l'année : Yom Kippour, également désigné comme "Chabbath Chabbathone"
(Sabbat des Sabbats), consacré à la prière et à la méditation dans un jeûne très
strict de 25 heures. Il est prêt à pardonner le mal qu'on a pu lui faire et il sollicite
le pardon de Dieu et des hommes à qui il a pu causer du tort. L'année juive gravite
toute entière autour de cet événement central.
Il est de coutume également de porter un linceul, suaire blanc identique à celui dont on
se sert pour la dernière toilette d'un défunt : le "Sarguness".
"Frères, prenez bien garde que cet habit dont nous sommes maintenant
affublés sera celui que nous porterons pour passer dans l'autre monde et rendre compte au
Roi des Rois. Imaginons donc, ainsi vêtus, que nous soyons présentement devant le trône
céleste. Notre repentance ne serait-elle pas totale ? Mais la repentance ne nous est
d'aucun secours après la mort. C'est maintenant qu'elle nous vient en aide. Aussi soyons
vraiment décidés à ne plus pécher".
Le repentir occupe donc une place primordiale dans la doctrine judaïque ainsi qu'en
témoigne les paroles prononcées par de célèbres rabbins.
Rabbi Joshoua disait : "Si nous connaissions le nombre exact de nos
jours, nous nous repentirions avant de mourir".
Rabbi Eleazar disait : "Repentez-vous un jour avant votre mort".
Et, à l'interrogation de ses disciples : "Qui peut savoir quand il
mourra ?" Rabbi Eleazar répondait "C'est bien
pourquoi tout homme devrait se repentir aujourd'hui car il peut mourir demain. D'où il
résulte qu'il passera toute sa vie à se repentir".
Le Chabat : commence le vendredi soir, environ une heure
avant la tombée de la nuit et se termine le samedi soir. Le repos Chabatique est lié à
la fois à la croyance en un Dieu unique et à l'attachement à la notion de liberté. Le
respect du Chabat constitue la première pratique du judaïsme. Le non respect du Chabat
porte atteinte aux fondements de la loi juive. C'est un jour sacré.
D'autres fêtes commémorent des faits historiques:
Pourim : C'est l'histoire de la Reine Esther qui en Perse, au
milieu du Ve siècle avant l'ère chrétienne, intercéda auprès du Roi Assuérus pour
faire révoquer l'édit d'extermination lancé par le ministre Haman contre le peuple
juif. Chaque année, un mois avant Pâques, une journée de jeûne et autres festivités
marque ces événements.
Hanouca : Durant huit jours, aux environs de décembre, on
allume des bougies en souvenir de la délivrance de Jérusalem par les Hasmonéens de la
domination grec en l'an 167 avant l'ère chrétienne.
Les Jeûnes : Tous liés au souvenir de la destruction des
deux Temples de Jérusalem.
Les fêtes de pèlerinage :
A l'époque ou le temple de Jérusalem constituait le centre de la vie religieuse, les
juifs se rendaient en pèlerinage à Jérusalem à trois reprises dans l'année.
Pessah ou Pâque juive : survient en général dans le
courant du mois d'avril, elle rappelle la libération des Hébreux de l'esclavage d'Egypte
vers le milieu du 2e millénaire avant l'ère chrétienne. Les descendants de Jacob
étaient devenus suffisamment nombreux pour former le peuple d'Israël.
Chavou'out - Fête des semaines de Pentecôte : Cette 2e
fête de pèlerinage se situe exactement 50 jours après le début de la Pâque à
laquelle elle est directement rattachée par sa signification historique. Après
l'acquisition du droit à l'existence et à la liberté par la libération d'Egypte,
Israël doit se doter d'une "Constitution".
C'est la fameuse Révélation du Sinaï. Israël reçoit la Tora qui va devenir le
fondement de sa vie religieuse, morale, sociale et spirituelle. La Tora est constituée
par les dix commandements qui sont à l'origine de la morale universelle. Cette fête dure
2 jours, célébrés par des offices publics dans les synagogues et des rites domestiques.
Soucot ou la Fête des Cabanes : Durant les 40 années du
séjour dans le désert du peuple d'Israël, il habita dans des huttes de fortune et
bénéficia de la protection divine et de ses miracles. Chaque année, à l'automne, les
juifs construisent des cabanes avec un toit de feuillage qui laisse entrevoir le ciel et
en font leur résidence principale durant 8 jours, en revivant ainsi l'époque du désert.
Durant ces 8 jours, multiples rites sont pratiqués pour marquer la conclusion annuelle de
la lecture de la Tora.
Les prières : Le judaïsme connaît trois prières
quotidiennes pour les jours ouvrables.
Celle du matin: se récite pendant les 3 premières heures de la journée suivant l'aube,
revêtu du châle a franges (talit) et des pylactères (téfilin). Elle dure environ 30
minutes.
Celle de l'après-midi: est récitée entre 14.00 et 17.00 heures et dure 10 minutes.
Celle du soir: est récitée après la tombée de la nuit et dure environ 15 minutes.
L'accompagnement des malades et des morts
La tradition juive compte, parmi les " mitsvoh " (commandements) ou devoirs
primordiaux à remplir, les soins, visites, prières à prodiguer aux malades ainsi que
l'accompagnement des morts à leur dernière demeure.
Il existe, au sein de chaque communauté juive, une société dont les membres rendent
visite aux malades, les confortent dans leurs derniers moments puis se chargent
d'exécuter les mitsvoh liées au deuil : offices, consolations prodiguées aux parents du
défunt...
Ces services sont rendus, sans distinction, aux riches comme aux pauvres d'une même
communauté. Il n'est procédé à aucun préparatif particulier en prévision de la mort
prochaine. La mort appréhendée avec sérénité tant par l'agonisant que par ceux qui
l'entourent. Il convient cependant de rappeler deux interdictions du Judaïsme découlant
du commandement " tu ne tueras point ", à savoir le suicide et l'euthanasie.
Des prières et des psaumes sont récités lors des derniers moments et, en particulier,
le " Chema " profession de foi du juif, également dite à la fin du Kippour.
C'est sur le dernier mot du " Chema " : " E'had " (" Un ")
que l'âme du défunt se sépare du corps. Le décès est annoncé par ces mots : "
Béni soit le Juge de Vérité ". Anciennement, la coutume voulait que le corps soit
posé à terre, sur une planche ou sur de la paille et recouvert d'un drap.
L'usage et la tradition juive ont conservé certains rites tels que celui de la lumière
placée près de la tête du défunt, lumière symbolisant l'âme immortelle. Le disparu
sera veillé sans interruption jusqu'à son ensevelissement.
Les fêtes juives
| Fêtes
Juives |
2002 /
5763 |
2003 /
5764 |
2004 /
5765 |
2005 /
5766 |
| Jeûne
d'Esther |
|
17 mars |
4 mars |
24 mars |
| Pourim |
|
18 mars |
7 mars |
25 mars |
| Pessah |
|
17 /
24 avril |
6 / 13 avril |
24 avril
/ 1 mai |
| Lag
Baomer |
|
20 mai |
9 mai |
27 mai |
| Chavouot |
|
6 / 7 juin |
26 / 27 mai |
13 / 14 juin |
| Jeûne
du 17 Tamouz |
|
17
juillet |
6 juillet |
24 juillet |
| Jeûne
du 9 Av |
|
7 août |
27
juillet |
14 août |
| Roch Hachana |
|
27 / 28 septembre |
16 / 17 septembre |
4 / 5
octobre |
| Jeûne
de Guedalia |
|
29
septembre |
19
septembre |
6
octobre |
| Kol
Nidré |
|
5
octobre |
24
septembre |
12
octobre |
| Yom
Kippour |
|
6 octobre |
25
septembre |
13
octobre |
| Soukot |
|
11/17
octobre |
30
sept./6 octobre |
18/24
octobre |
| Chemini
Atseret |
|
18
octobre |
7
octobre |
25
octobre |
| Simha
Tora |
29
septembre |
19
octobre
|
8
octobre
|
26
octobre |
| Hanouka |
30
novemb/7 déc. |
20/27
décembre |
8/15
décembre |
26
décemb/2 janv. |
| Jeûne
du 10 Tévèt |
15
décembre |
|
4
janvier – 22 déc. |
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Le Deuil
La toilette mortuaire, “Tahara” (purification), est emprunte d'une grande
décence. Le corps est recouvert d’un drap blanc et aspergé d’eau tiède ; puis il est nettoyé en entier,
en commençant par la tête, et essuyé. On verse
ensuite de l’eau sur le corps en prononçant les versets rituels ”
Et je verserai sur vous de l'eau pure et vous serez purifiés de toutes vos
impuretés et de toutes vos souillures ; Je vous purifierai ". Le
mort est alors revêtu de ses “Takhrikhine” - vêtement
mortuaire de toile blanche identique pour tous -
puis déposé dans le cercueil, le visage tourné vers le haut, la tête
posée sur un peu de terre d'Israël. Si c'est un homme, il est enveloppé
dans un “Tallith” (châle de prière garni aux quatre coins de
“Tsitsith” : des franges rituelles rappelant les commandements de Dieu,
que tout juif fidèle doit porter). Cependant, l’un des quatre coins du
“Tallith” aura préalablement été coupé.
La Levaya : Enterrement
Les proches parents du défunt, désignés par le terme de “Onenim” (Affligés),
ne consomment ni viande ni vin (sauf pour le Sabbat) entre le moment du décès
et l’enterrement. Les aliments de deuil sont généralement des légumes
secs cuits et salés. Les “Onenim” s’occupent des démarches afférentes
à l’inhumation et ont l’autorisation de vaquer à leurs occupations.
Ils sont dispensés de réciter les prières et de porter les
“Teffiline” (boîtes cubiques noires renfermant quatre textes de la
Torah écrits sur parchemin,
que les fidèles attachent sur leur tête et sur leur bras gauche pendant la
prière). L’accompagnement du défunt
au cimetière est un commandement à honorer par égard pour lui et pour ses
proches.
Tu retourneras à la poussière
L’inhumation
est toujours très simple. Sans fleurs ni couronnes. Après l’oraison funèbre,
le cercueil est descendu dans la tombe. Puis, le Rabbin et les assistants
lancent chacun trois pelletées de terre en prononçant les paroles
rituelles “Tu viens
de la poussière et à la poussière tu retournes ; la poussière
retourne à la terre d'où elle est venue et l'âme retourne vers Dieu qui
l'a donnée". Avant que la fosse ne soit comblée, les parents du défunt
pratiquent la “Qeria”, déchirure rituelle d’un vêtement en signe
de deuil. Puis ils passent parmi les assistants, lesquels prodiguent aux
Affligés les traditionnelles paroles de consolation "Que
le Seigneur vous console, vous et tous les affligés de Sion et de Jérusalem".
En Orient et en Afrique du Nord, l’ensevelissement se faisait très
souvent à même la terre.
Le Deuil après la Levaya
Après l’inhumation, les “Onenim” (Affligés) deviennent “Avelim”
(Endeuillés). Seuls sont appelés ainsi les époux ou épouse, enfants, frères,
sœurs et parents du défunt. Chive’a : les sept jours de deuil
Les “Avelim” demeurent dans la maison mortuaire pendant les sept jours qui
suivent l’enterrement. Chaque jour, des offices
sont célébrés avec “Miniane", soit urne assemblée de dix
hommes, quorum nécessaire pour la prière publique. Les
Endeuillés cessent toute activité pendant la période de
“Chive’a” ; ils reçoivent les visites d’amis venus leur apporter
des témoignages de sympathie. Les femmes sont autorisées à s'occuper du
foyer et des enfants. Seuls, le Sabbat et les fêtes religieuses survenant
dans les jours suivant un deuil peuvent en modifier les rites.
Chelochim : les trente jours de deuil
Les règles du deuil, plus nombreuses et plus strictes pendant les “Chive’a”,
se prolongent un mois après l’enterrement. Parmi ces règles, figurent
notamment l’interdiction dese couper les cheveux et de se tailler la barbe. La période du
deuil est d’un mois pour les époux ainsi que pour les frères et sœurs
mais d'un an pour les orphelins de père ou de mère. Ces “Avelim” doivent
s’abstenir d'assister à des réunions joyeuses et doivent réciter matin
et soir des prières à la
synagogue. En souvenir du défunt,
une lumière doit brûler dans leur foyer, sans interruption pendant la durée
du deuil. Les rites de fin des “Chive’a” et des “Chelochim” diffèrent
quelque peu chez les Séfarades et chez les Ashkénazes. Chez ces derniers,
l’anniversaire est célébré un an après la date hébraïque de
l’inhumation et c’est à ce moment qu’est posée la “Matseva” stèle
funéraire. La pierre tombale est toujours sobre et ne comporte généralement
qu’une mention hébraïque de l’identité.
Toute représentation telle
que statue oui image est rigoureusement interdite. Ultérieurement, chaque
année, la lumière mortuaire est allumée pour vingt-quatre heures et la
prière du “Qaddich” est récitée par les parents du défunt. Le cimetière
est tantôt désigné comme “Maison de vie” Beth Ha'Hayim, tantôt
comme “La Maison d’éternité” Beth’Olam. Les visites au cimetière
sont généralement limitées à une par an, à des mois bien précis du calendrier hébraïque.
Les Séfarades ont toutefois coutume de se rendre plus fréquemment au
cimetière, notamment à l’issue des sept jours et à celle des trente jours de deuil. Le Judaïsme n’incite pas les
fidèles à entretenir le culte des morts par des marques extérieures ou
par des visites répétées au Beth’Olam. Toutefois, il était coutume naguère, surtout en Afrique du Nord, de
visiter et d’honorer les stèles funéraires de saints rabbis.
Les Prières
Le Qaddich, prière rédigée en araméen, est récitée en maintes
circonstances, soit après la lecture de la Torah, au cours des offices,
soit après les prières rituelles de deuil, notamment au jour anniversaire
de la mort. C’est ainsi que le Qaddich a été dénommé à tort "Prière des Morts” alors qu’il s’agit d’urne prière
de sanctification. Hazkarath Nechamth ou “Rappel des âmes’ est une cérémonie
consacrée à la mémoire des parents disparus.
La mort et le peuple juif
De
l’Antiquité au Moyen-Age et de la Renaissance au XVIIIème siècle, le peuple juif a été l'objet
de brimades, de vexations et d’interdictions de toutes sortes, marquées
par les expulsions, les
migrations et les exterminations. Victimes de massacres lors des croisades
puis sous l’inquisition espagnole, les juifs seront partout et toujours
pourchassés comme en Pologne et Russie où séviront les “Pogroms”
jusqu’au début du XXème siècle. Pourtant, certaines époques
verront les juifs jouir temporairement d'une autonomie intellectuelle,
religieuse, voire politique. Les Temps Modernes, témoins de la naissance
d’un antisémitisme racial se substituant à l'antijudaïsme traditionnel
de la fin du XIVème siècle, seront marqués de façon
inaltérable par le génocide perpétré, entre 1933 et 1945, par l’Allemagne
nazie. L’Holocauste qui a été, par son horreur et son ampleur, le point
culminant de la souffrance du peuple juif. La "solution finale" a
fait plus de six millions de victimes.
Le deuil collectif
représente les cinquante jours compris entre la paque et la Pentecôte revêtent
traditionnellement un caractère de deuil
collectif en souvenir d’événements malheureux survenus à cette époque
de l'année juive : épidémies, persécutions... Durant cette période,
on ne célèbre pas de mariage, on évite les fêtes, on ne se coupe ni les
cheveux ni la barbe, on essaye de se rendre aussi régulièrement que
possible à la synagogue afin d'assister à l'office du soir. Dans le rite
achkenaze, le samedi précédant la Pentecôte, on récite la prière spéciale
commémorant les martyrs de la Foi : Av Hara’ Hamim. Ben
Hametsarim "Jours d’Angoisse" est le nom donné aux trois premières
semaines de l’été. Il s’agit également de commémorer les épisodes
douloureux de l’histoire d'Israël. Ces trois semaines sont empreintes, à
l’exception des jours de Sabbat, de tristesse et de gravité. Aucune réjouissance
n’est célébrée; le fidèle ne consomme ni vin ni viande (sauf le jour
du Sabbat) et s’abstient de tout bain avant la commémoration du Tich
‘a Beav. On récite la prière
Av Hara’Hamim qui évoque les martyrs d'Israël. Autrefois, elle était
accompagnée de l'énumération de martyrs et de rabbins disparus. Tich' a
Beav, en août, est le jour le plus triste du calendrier juif.
C'est
un jour de jeûne et d'abstinence qui rappelle les cinq malheurs d'Israël :
-
l'arrêt
de mort et l'interdiction de rentrer en Terre Promise prononcés à
l'encontre de la génération du désert
-
la
destruction du premier et du second Temple
-
l'anéantissement
de la résistance juive avec la prise de la forteresse de Bethar par les
Romains en 135
-
la
destruction de Jérusalem
-
le
début de l'exil qui engendra à la Diaspora
Les
prières du soir et les textes choisis (Livre des Lamentations, Prophéties
de Jérémie…) sont récités sur un ton plaintif ou mélancolique. Le
lendemain, le même dépouillement de la synagogue et la même tristesse
entourent la lecture de la Torah
et la récitation des Qinot, élégies déplorant les martyrs d'Israël.
Certains fidèles se rendent au cimetière après l’office. L'interdiction
du vin et de la viande est levée au lendemain midi, jour où prit fin
l'incendie du Temple.
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