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Monsieur Roger Bernier

 

est né le 17 février 1892 à Montamisé, lieudit "Le Petit Nieul" (86) dans une famille de cultivateurs.
Jusqu'à 11 ans, il est resté fils unique et partageait son temps entre l'école communale et le travail aux champs. En 1902, sa sœur, Isabelle, naquit suivi, en 1904, par leur frère Raymond.
Bien que premier de la classe, il échoue à son Certificat d'Etudes. Il quitta l'école à 12 ans et travailla avec ses parents à la ferme - qui leur appartenait - jusqu'à 18 ans.
Pour ses sorties, sa mère lui donnait de l'argent à l'insu de son père; celui-ci faisait de même en lui demandant de n'en pas informer sa mère.
Ne s'entendant plus avec sa mère - il avait fort caractère - il s'engagea en 1910, pour 5 ans, dans l'armée de terre, section artillerie.
Il fit ses classes et monta en grade, jusqu'à celui d'adjudant.
En 1914, il fut envoyé au front. Il "fit" la Marne, à Verdun, où il resta 36 jours sans se déchausser. Il reçut quelques blessures légères mais fut gazé. Il fut démobilisé en 1919 avec le grade d'adjudant chef.
En 1921, il rencontra la femme de sa vie : Alice VASLET au "bal de la cassette" à Poitiers (quartier de Biard).
Six mois plus tard, il l'épouse et se fait engager comme déménageur aux Ets Dubois à Poitiers. Alice aurait pu pourtant le faire engager à la Poste mais il refusa parce que "c'était l'administration…".
Ils habitaient, rue du Tourniquet à Poitiers, dans un petit logement loué dans lequel le mobilier était constitué de trois caisses et d'un lit.

C'est là que naquirent ses deux filles Régine (en 1923) et Raymonde (le 3 septembre 1924).
Au cours de sa carrière, il tomba dans un escalier, entraîné par un lourd piano. Cet incident l'immobilisa plusieurs mois; il se soigna dans des bains de soufre.
Puis, il devint contremaître.
En 1927, la famille acquiert une petite maison, contre un rocher et au fond d'une ruelle qui donnait sur la rue des quatre roues à Poitiers.
En 1938, il fut de nouveau mobilisé à cause des troubles en Espagne mais il regagna son foyer trois mois après.
En 1939, un mois avant la déclaration de guerre, nouvelle mobilisation qui ne dura cependant que quatre mois; il avait en effet atteint la limite d'âge et revint donc à la vie civile en tant que réserviste.
Pendant les bombardements, il était chargé d'un secteur et portait secours ou guidait les gens en difficulté ou en recherche d'abri.
Après la guerre, il reprit son emploi de déménageur.
En 1953, sa fille Raymonde devint veuve avec deux enfants. Roger et son épouse recueillirent leurs petits-enfants qu'ils élevèrent jusqu'à leur adolescence.
Après sa retraite, à 65 ans, il aida son épouse dans son petit commerce de fleurs qui se tenait, trois fois par semaine, sur la place du marché Notre Dame à Poitiers dans un petit stand démontable.
Il était facilement reconnaissable à son triporteur dans lequel il transportait à la fois le matériel et les personnes.
Après 4 0ans de tabac et les séquelles laissées par les gaz en 1914, il eut de gros problèmes respiratoires jusqu'à son décès le 30 juin 1966.
Il repose au cimetière Chilvert de Poitiers.

Particularité : son chat préféré s'appelait Joseph.