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Etude du Credoc

 
Le vécu et la perception
du deuil et des obsèques
Sommaire
Etude réalisée par le CREDOC.
Introduction
La mort : un sujet tabou
Mort et société : un «non-dit» étouffant...
Cérémonial et ritualisation
Cérémonial et ritualisation : une mort digne passe par l’appropriation des pratiques
Un rôle central
Les pompes funèbres : un rôle central, une image ambivalente...
Prestations satisfaisante
Le service funéraire : des prestations satisfaisante...
Marchandisation du deuil
Les produits funéraires : des vecteurs de marchandisation du deuil...
Conclusions
Recherches
 

Pompes Funèbres Pompes funèbres >  Le vécu et la perception du deuil et des obsèques > Cérémonial et Ritualisation : Une mort digne passe par l’appropriation des pratiques > Une personnalisation du rite

Personnaliser le rituel funéraire pour se le réapproprier

Une personnalisation du rite

Pour une large majorité des interviewés, ruraux comme urbains, une cérémonie réussie est une cérémonie " chaleureuse " et " belle ". Alors qu’à la campagne cette attente est " naturellement " satisfaite par l’environnement – le village a " son " cimetière, " son " église, " son " entreprise de pompes funèbres... tous éléments propres à maximiser l’appropriation de la cérémonie, - en ville au contraire, la cérémonie sera rendue " chaleureuse " via l’introduction de pratiques spécifiques aux proches, qui vont permettre de redonner du sens au rite, et sans lesquelles la cérémonie ne serait que " froide " ou " impersonnelle ".
" Beaucoup de gens m'ont dit que c'était bien et émouvant, que c'était presque chaleureux, ça m'a touché qu'on m'ait dit ça, j'étais contente ".

Exemple de cérémonie " chaleureuse ", une sœur raconte la dispersion des cendres de son frère, en mer :
" C’était compliqué parce que si on l’avait fait inhumer, il aurait fallu le faire revenir à Paris, et on ne voulait pas le faire enterrer dans cette ville à la campagne où il n’avait pas de racines, du coup on a décidé de le faire incinérer... Mon frère adorait la mer et comme sa compagne travaille au Yacht Club de France elle avait un moyen de le faire immerger, donc... il a été immergé, on est allé aux pompes funèbres de la ville la plus proche... c’était Nantes et les pompes funèbres se sont occupé de tout, on est arrivé juste pour l’immersion... C’était très beau, au C., un petit port, en plus en hiver il n’y avait personne, ce sont des marins pêcheurs sur un petit bateau qui s’en sont occupé, une compagnie de sauvetage. L’urne a été amenée dans la petite cabane des marins, il y avait juste deux marins sur le bateau, et moi ma sœur et la compagne de mon frère, on est parti au large où il n’y avait que les mouettes. Ils font juste sonner la sirène, on jette l’urne dans la mer et on rentre, et après on est allé dans le café de marins du coin boire à sa santé, c’était complètement atypique, ça lui ressemblait... Je suis fière que l’on ait fait ça, j’ai un souvenir de quelque chose de beau, pas gai, beau... c’est très important ".

Ainsi, cette recherche du " vrai ", c’est à dire d’une cérémonie qui satisfasse l’affectivité intime des proches, passe donc, pour des citadins, par la réappropriation d’un rituel autrement perçu comme vidé de sa substance.

Ces éléments de personnalisation correspondent à une attente d’humanisation du rite lorsque l’environnement est ressenti comme anonyme ou dépersonnalisant.

Il s’agit le plus généralement d’éléments non marchands qui concernent, entre autres :
La lecture de textes narrant la vie du défunt ou de poèmes, écrits ou non par des proches
" Moi j’avais écrit un texte, ma sœur a lu un poème de Victor Hugo dédié à sa fille, et pour mon père aussi j’avais lu un extrait d’un texte de Montaigne, où la mort fait partie de la vie, voilà ".
" Ses copains ont lu des textes, même pas des textes religieux ( cérémonie religieuse ) ".
" Comme on pleure facilement mes sœurs et moi, on n’a pas voulu lire quelque chose, ni les unes ni les autres on ne s’en est pas senti le courage, parce qu’avec les larmes c’est pas très bien. Ma sœur avait trouvé quelque chose, un très joli poème, qui a été lu par une personne que ma mère connaissait très bien ".
" Ce qui m’a fait plaisir, c’est le discours sur mon oncle, le rappel de sa vie, ça c’était bien, ce sont des personnes de l’entourage qui ont fait ces discours ".
Les chants
" On a préparé la cérémonie avec les copines, tout a été prévu et préparé, j’en ai tout un dossier, les chants, les paroles. On l’a faite nous même selon nos goûts et nos idées, et correspondant au goût du couple, de notre couple " ( mari défunt ).
La musique accompagnant la cérémonie
" On a choisi la musique qu’il aimait, donc il y a des copains qui sont venu à la maison, on a choisi la musique qu’il aimait et on a passé ça à l’église. On a choisi la musique de Bagdad Café pour la rentrée et la sortie de l’église... ".
" Il n’y avait aucune musique religieuse, on a choisi dans ses CD, on a pris ce que lui aimait ".
L’habillement des personnes conviées à la cérémonie
" J’ai souhaité pour la cérémonie qu’on soit tous en blanc, j’ai donné la consigne à tout le monde de s’habiller en blanc ou en clair ".
Le personnel " Les porteurs étaient des employés de l'entreprise qu'avait mon beau-père. Ce sont des gens qu'elle connaissait.
" Ce sont des amis de mon fils qui ont porté le cercueil ".
Les fleurs, en tant que " don " au défunt
" Pour la mise au tombeau ma sœur a jeté des glaïeuls parce que c’étaient des fleurs d’époque et mon père offrait toujours des glaïeuls à ma mère pour sa fête... On a jeté chacun un glaïeul sur le cercueil ".

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