Le vécu et la perception
du deuil et des obsèques
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Etude réalisée par le CREDOC.
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Mort et société : un «non-dit» étouffant...
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Cérémonial et ritualisation : une mort digne passe par l’appropriation des pratiques
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Les pompes funèbres : un rôle central, une image ambivalente...
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Le service funéraire : des prestations satisfaisante...
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Les produits funéraires : des vecteurs de marchandisation du deuil...
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Recherches
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Pompes funèbres >
Le vécu et la perception du deuil et des obsèques > Cérémonial et Ritualisation : Une mort digne passe par l’appropriation des pratiques > Préparer ses obsèques
Préparer ses obsèques
Pour les proches, l’idéal est que le défunt ait laissé des indications écrites, et également prévu de
financer ses propres obsèques.
Bien souvent, ce financement est direct, hors intermédiaire institutionnel – assurance, pompes funèbres. Probablement, le capital confiance de ces sociétés – dont on sait qu’elles se rémunèrent au passage, mais pas précisément dans quelle mesure – n’offre pas toutes les garanties aux yeux des personnes qui choisissent ce type de financement.
" Elle l’avait noté dans un petit agenda, et ce qu’elle donnait à ses proches, le fait qu’elle voulait être incinérée, qu’elle voulait recevoir une bénédiction à l’église, une sorte de testament non officiel ".
" 14 ou 16 000F, je ne sais plus très bien... Il avait programmé son budget... transport, cercueil, fleurs, cérémonie, les deux parutions dans le journal, les plaques, les faire-part... Il avait un Codevi qui était prévu pour ça à sa banque, on le savait et j'avais la procuration pour le faire... J'ai fait en conséquence ".
Ainsi, suite au décès d’un proche qu’elles ont eu à gérer, souvent dans l’urgence, nombre de personnes nous ont déclaré penser à leurs propres obsèques.
Toutefois, si la plupart d’entre elles " mûrissent " le projet, très peu sont passées à l’acte, d’autant plus qu’elles sont jeunes, en souscrivant une assurance, en couchant par écrit un certain nombre de souhaits et / ou en alimentant un compte bancaire spécifique.
L’idée de préparer ses propres obsèques emporte toutefois une adhésion largement majoritaire, du fait d’un souci largement exprimé :
éviter aux proches d’être pris au dépourvu, aussi bien pour l’organisation des obsèques que pour leur financement lorsque survient le décès.
" Prévoir ses propres obsèques ça ne me choque pas. C'est quelque chose que je trouve plutôt bien, au moins les choses sont claires. Mais pour le moment, je ne suis pas prête, c'est trop tôt. J'ai quand même dit à mon mari que si je décédais, je préfèrerais être incinérée ".
" Pour mes obsèques je n’ai encore rien fait, mais j'ai vu que c'est bien d'y penser avant. J'ai perdu ma grand-mère il n’y a pas tellement longtemps, et elle, elle avait tout prévu de A jusqu'à Z et on n’avait rien à s'occuper, et ça c'est super ".
Bien qu’en attitude le concept de prévoyance d’obsèques soit apprécié, les mêmes personnes peuvent se contenter, dans les faits, de vagues recommandations à leurs proches.
En fait, et d’autant plus s’il s’agit de personnes jeunes et en bonne santé,
il semble que l’idée de sa propre mort soit concrètement très difficile à
envisager, parce que renvoyant à l’imagerie abstraite et finalement peu palpable de " l’au-delà ".
" Je ne pense pas à mes propres obsèques, heu! si, j’en ai parlé avec ma femme, je voudrais être enterré dans un caveau cimenté, c’est important, et non pas mis en terre comme ça ".
" Surtout ce que je veux c'est une belle messe, mais ça tout le monde le sait ".
Ainsi, les rares personnes ayant prévu dans les faits leurs propres obsèques sont des personnes âgées. Dans les deux cas qui suivent, la première personne ne maîtrise d’ailleurs absolument pas le contenu de son contrat.
" J’ai pris un contrat obsèques, j’ai acheté un caveau et une pierre, j’ai dépensé tout mon fric, tout est prêt pour le grand jour, je ne sais pas si c’est R. qui s’en occupe, pas forcément ( elle sort le contrat )... Contrat obsèques à la L., c’est connu je suppose ( ! ), alors je verse tous les trimestres 732 francs, j’ai pris un truc de 20000 francs, j’ai supposé que ça soit suffisant pour m’enterrer, alors après mes enfants vont se mettre en contact avec la L., ils seront peut être obligés d’aller chez R. ou je ne sais pas où, ça devrait se passer comme ça sans problèmes ".
" Je suis allée voir la maison qui a enterré mon mari et j'ai demandé qu'ils me prennent en charge. Ce qu'il se passe c'est que quand on a une mutuelle, la mutuelle verse tant mais directement à l'entreprise de pompes funèbres. Ca vient en déduction de la facture. On ouvre un compte et ils se servent directement sur le compte. C'est aussi simple que ça. Les personnes qui s'occuperont de mon enterrement iront aux pompes funèbres qui s'occuperont de tout. Il prélève les sous sur le compte, ils enlèvent la somme qui leur est versé par la mutuelle et voilà. Une fois que j'ai fait cette opération, j'ai ressenti un soulagement et puis maintenant je suis tranquille ".
En fait, le frein principal à ce type de contrat semble être le manque d’information :
N’étant plus là pour " vérifier ", quelles sont les garanties du défunt concernant la prestation effectivement réalisée ?
Que recouvre exactement le prix demandé ? Quelles sont les modalités de paiement ?
Si l’on décède dans une ville de province, loin de son domicile, le transport du corps est-il pris en charge ?
Auprès de qui souscrire, pompes funèbres, assurances, autres organismes ?
Nous l’avons vu, la mort est un sujet encore largement tabou. De ce fait, même si de nombreuses personnes sont en attente de renseignements sur ce sujet, il paraît peu vraisemblable qu’elles fassent elle-même
la démarche de rencontrer un prestataire pour s’entretenir avec lui des différentes offres qu’il propose.
" Dans leur truc de pompes funèbres, ils devraient faire une prospection pour voir les gens et leur proposer ça. Si ça se trouve, ça devrait pouvoir se faire à crédit, je ne sais pas je connais pas. Ils devraient faire une pub. Ils devraient faire une proposition à des vivants plutôt que de se jeter sur les morts ".
" De la maison de retraite au cimetière ce n’est pas bien loin, et ma mère avait payé largement à mon avis pour ce qu’ils ont eu à faire... Elle n’avait pas de pierre tombale à acheter, c’était la cérémonie, c’était le cercueil, je trouve que pour l’époque c’était cher, dans les 15000 F, il y a 20 ans, et il y avait juste à ouvrir le caveau... Pour le prix, elle est loin d’en avoir eu pour son argent ".
" C’est vrai qu’on n’est pas encore bien habitué à ces contrats obsèques, mais je pense que c’est peut être pas mal... Moi je n’ai rien fait pour le moment... Est-ce que je mourrai à Paris ou en province ? Peut-être que je retournerai en province dans mon berceau familial... En province et à Paris ce n’est pas les mêmes tarifs, ça pose des problèmes, bon il faut peut être que je me fasse expliquer ça... C’est peut-être mieux de passer par une société spécifique funéraire que par une assurance, il y a Norwich Union qui fait ça... Je me pose la question... ils vous vendent une somme, et puis une fois qu’on n’est plus là... ".
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