Le vécu et la perception
du deuil et des obsèques
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Etude réalisée par le CREDOC.
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Mort et société : un «non-dit» étouffant...
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Cérémonial et ritualisation : une mort digne passe par l’appropriation des pratiques
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Les pompes funèbres : un rôle central, une image ambivalente...
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Le service funéraire : des prestations satisfaisante...
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Les produits funéraires : des vecteurs de marchandisation du deuil...
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Recherches
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Pompes funèbres >
Le vécu et la perception du deuil et des obsèques > Cérémonial et Ritualisation : Une mort digne passe par
l’appropriation des pratiques > Les raisons d’un choix
Les spécificités de la crémation
Les raisons d’un choix
L’incinération peut correspondre à une volonté de singularisation, en marquant une rupture avec une certaine forme de tradition
sociale, celle de l’enterrement, que l’on juge obsolète et dans laquelle on ne s’identifie plus. Le fait que l’incinération ait longtemps été interdite par l’église catholique par exemple, a probablement pu pousser certaines personnes, en rejet du système de valeur prôné par cette religion - l’église catholique cristallise quelques oppositions farouches parmi les personnes interrogées – à adopter ce mode d’obsèques, par refus de conventions que l’on peut juger trop conservatrices ou « traditionalistes ».
Se faire incinérer, ce peut être aussi introduire une rupture avec une tradition familiale établie depuis longtemps - et peut être aussi avec une partie de la famille - alors que celle-ci possède un caveau dans lequel une ou plusieurs places sont inoccupées. Une certaine forme
d’anticonformisme, le choix d’une fin " différente " peuvent être une des raisons du choix de ce protocole d’obsèques. A ce niveau, la crémation serait jugée par certains plus "
moderne " que l’inhumation.
" C’est mal connu, les catholiques ne le savent même pas qu’on a le droit de se faire incinérer, surtout en province ".
Ce choix peut également relever d’une certaine vision écologique - ne pas " encombrer " la planète - et peut aussi probablement relever d’une
certaine forme de générosité : en laissant par exemple à d’autres une place vacante dans le caveau familial. Dans ce contexte, la quasi-impossibilité d’acquérir une concession à perpétuité dans les cimetières des grandes villes joue également peut être un rôle.
" C’est un choix disons plus spirituel; ce n’est pas une question de prix, on a un caveau familial où il y a encore de la place. Moi, l’idée que je puisse être bouffée par les vers, ça me terrifie, et on a un côté écolo dans la famille, bientôt les cimetières il n’y aura plus de place, il faut arrêter, et je trouve que l’incinération est plus propre. Et même au point de vue religieux, tu es poussière tu redeviendras poussière, alors que ce soit une poussière qui mette 100 ans à se décomposer ou que ce soit des cendres c’est toujours de la poussière, et l’incinération ça ne prend pas de place, c’est plus hygiénique d’une certaine façon."
L’incinération - la " pureté " du feu "-est également souvent opposée à l’inhumation, par le biais de l’image angoissante d’un corps en décomposition.
" Je pense que l’incinération c'est très bien parce que ce qui m'effrayait aussi, c'est de penser à la personne, puisqu'on y pense longtemps après, qui est en train de se décomposer sous terre. Ça me répugnait, au moins là elle est brûlée, point final. Jour après jour, on pense à la personne et jour après jour, on la voit sous terre et on se demande dans quel état elle est... Je préférais qu'elle soit brûlée pour mettre fin à ce processus... ».
" On plante des choses dans la terre, on plante des arbres pour que ça vive, planter un cadavre ça ne donne rien... Les flammes ça purifie, je trouve qu’il y a un côté joyeux dans les flammes, je trouve les flammes plus joyeuses que les pelletées de terre ".
C’est aussi - alors que la crémation est spontanément perçue comme meilleur marché que l’inhumation -
rejeter l’idée d’une certaine marchandisation de la mort, et plus rarement semble-t-il, dans le but (inavouable) de "
faire des économies ".Pour autant, certains s’en défendent et voient dans la crémation une manière aussi noble que l’inhumation d’honorer ses morts.
" En fait ça a coûté beaucoup plus cher que s’il avait été enterré, dans les 30000 francs. En plus il n’a pas eu d’emplacement pour mettre les cendres quelque part ".
L’incinération peut enfin correspondre à une certaine idée de liberté - dispersion des cendres -, à un certain état d’esprit, encore une fois en rupture avec la " tradition " vécue comme une norme de laquelle on désirerait s’échapper.
Enfin, dans de nombreux cas, la crémation semble être un choix
difficile, le plus souvent mûri pendant de nombreuses années.
" Pour mon cas personnel, je n'arrive pas à faire de choix ".
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