Le vécu social de la mort d’un proche : on est désemparé face à la préparation des obsèques
Au moment
de la survenance du décès, la non-préparation est généralement
de règle. " On est pris au dépourvu " est ainsi le commentaire
qui revient le plus souvent.
En l’absence d’institutions, de pôles spécialisés pouvant apporter
aide et conseil aux familles sur les démarches à effectuer, la
préparation des obsèques, tâche pour le moins inhabituelle, est
souvent vécue comme une épreuve
supplémentaire.
“ On est pris par le chagrin, le désespoir, il faut faire des démarches,
on ne connaît pas... Je sais acheter mon pain, je sais remplir ma déclaration
d’impôt mais je ne sais pas enterrer mon père ”.
“ Quand on vient de perdre quelqu’un tout d’un coup il faut faire
tout, tout de suite, en l’espace de 24h. On n’a pas le temps de pleurer,
on n’a rien le temps de faire ”.
“ Il n'y a pas d'organisme vers qui se tourner qui puisse nous dire :
il y a ça et ça à faire. Les choses, on les découvre au fur et à
mesure, je trouve que c'est vraiment dommage. On n’est au courant de rien.
On nous dit : il faut faire ci, il faut faire ça... Ce n’est
vraiment pas bien organisé... pourquoi chaque ville n’aurait-elle pas un
conseiller qui nous dise quoi faire, parce que dans ces moments là, on a un
peu les idées brouillées”.
Les personnes venant de perdre un proche ont le sentiment de devoir gérer
une situation d’urgence, alors même que, affectivement choquées,
l’idéal serait pour elles de pouvoir vivre
leur deuil dans une certaine sérénité, quiétude psychologique qui
leur est rarement accordée.
“ Il
ne faut pas faire une dépression quand on vient de perdre un être cher, au
contraire, il faut vraiment être costaud, si on fait une dépression on est
foutu, parce qu’il y a un délai pour les démarches... ”.
Dès l’annonce du décès,
et pendant les quelques jours qui suivent, les personnes venant
d’apprendre la mort d’un être cher vivent généralement un état de
choc que certains traduisent par le terme d’“état second ”. Or
c’est à ce moment que les démarches
administratives à accomplir sont les plus nombreuses.
“ C'est
comme un coup de couteau. On se dit que ce n'est pas possible, que ça n'est
pas vrai... ça ne se peut pas. On a l'impression d'être ailleurs, que tout
le monde autour gravite, j'étais dans un autre temps, expulsé du temps présent ”.
“ On n’est plus
soi même, on est vidé, on n’a plus d’esprit. A part choisir les fleurs
et encore pas toute seule, on est incapable de rien faire ”.
“ Je
n’étais pas dans mon état normal... je suis restée complètement paumée,
mon fils est revenu avec la voiture parce que moi j’étais incapable de
conduire ”.
“ Je
n’ai rien décidé, rien, elle était morte, j’étais anéantie ”.
Manifestement, les administrations – à savoir leurs représentants
et employés – ne sont pas préparées
au contact avec des personnes endeuillées : absence de formation des
personnels, absence de structure spécialisée, les
proches du défunt sont traités sans aucune prise en compte de la spécificité
de leur état psychologique, alors même que se fait sentir un fort
besoin de soutien et d’aide psychologique.
Aujourd’hui, plus de sept
décès sur dix se produisent en milieu médicalisé, proportion que l’on
retrouve dans l’échantillon : une majorité des décès évoqués
sont survenus à l’hôpital.
Lorsque la mort se produit suite à une hospitalisation de longue durée, il
est relativement fréquent que des liens affectifs se nouent entre personnel
soignant et visiteurs. C’est plus souvent le cas en milieu rural, dans les
structures hospitalières de petites villes par exemple, où les visites
quotidiennes à un parent hospitalisé aboutissent à la création de liens
privilégiés au lieu et au personnel.
Dans ces quelques cas – plutôt rares – les interviewés vont
parler d’un personnel “ attentionné et chaleureux ”. Il
n’est alors pas exceptionnel que le visiteur, dont la présence
quotidienne assure dans ces conditions une quasi-légitimité d’encadrant,
puisse donner un “ coup de main ” à une aide soignante par
exemple, pour nourrir des malades ou aider à faire les lits...
Ce type de relation semble à la fois satisfaisant pour le visiteur – son
“ intégration ” au sein de la structure hospitalière
renforce l’intégration du parent visité – et pour le personnel. Dans
ce cas, on parle avec satisfaction de l’hôpital comme d’un lieu “ humain ”,
c’est à dire d’un lieu ou l’on prend le temps d’écouter l’autre,
pendant la maladie mais également lorsque le décès survient. L’endeuillé
se trouve en terrain familier, et peut partager avec le personnel sa peine
et un vécu commun.
“ A
V. nous avons été très bien reçus par le personnel, on les connaissait
bien, on y allait au moins 3 fois par semaine depuis 2 ans : il y a des
liens d’amitié qui se sont créés, on était très proches... on a parlé
avec l’infirmière qui a assisté à ses derniers moments... Ils ont été
parfaits, quand le corbillard est venu chercher le corps ils sont tous
venus, et ils ont attendu que le corbillard parte... ”.
Ces cas sont cependant exceptionnels.
Dans la majorité des établissements hospitaliers, il semble que les spécificités
de l’état psychologique d’une personne venant de perdre un proche
soient la plupart du temps ignorées : l’hôpital,
structure mise en place pour répondre à la maladie, reste, dans une large
majorité des cas, incompétent à
accompagner la douleur des proches d’une personne décédée.
La mort est quasiment traitée comme
s’il s’agissait d’un artéfact, d’un échec médical que l’on
préférerait taire et ne pas voir. De nouveau, la mort se trouve niée et
ne requiert alors pas d’approche spécifique ou de formation particulière
des personnels.
Ainsi, l’annonce du décès est encore trop
souvent l’objet de multiples détours, mots couverts et pirouettes rhétoriques,
qui en rendent le vécu encore plus difficile pour les proches. Par exemple,
il est courant que l’hôpital contacte la famille par téléphone en lui
demandant de se rendre sur les lieux pour une raison X, alors
qu’il n’est pas fait mention du décès. Et une fois sur
place, l’annonce de la mort peut encore donner lieu à détours et
tergiversations inutilement blessants :
“ L’infirmière
me dit vous avez apporté ses affaires ? Alors je réponds non mais je vais
aller les chercher. Moi je croyais qu’il allait sortir. Et elle me dit
mais vous savez pourquoi? J’ai dit non, pour sortir ? Non, il faudra vous
attendre à... enfin, il faudrait qu’on ait ses affaires sous la main...
Elle l’a dit d’une façon qui restera longtemps gravée dans ma mémoire,
ce n’était pas humain ”.
“ Je ne l’ai pas
trouvé dans sa chambre, alors j’ai demandé aux infirmières qui m’ont
dit attendez le médecin... Un premier médecin m’a reçue, il m’a dit :
il est dans un état très grave et j’étais dans un tel état j’ai cru
que j’allais tomber dans les pommes, mais on ne m’a pas accompagnée, de
l’étage jusqu’à la salle de réanimation personne ne m’a accompagnée.
Je suis entrée dans la salle de réa, dans le bureau du chirurgien qui était
là et qui a commencé à me faire l’historique de ce qui s’était passé...
L’arrivée de mon père à l’hôpital, l’intervention sur l’hémorragie
qui avait marché, et puis l’hémorragie qui s’était redéclenchée,
donc il avait été amené en réa. ça
a duré un quart d’heure, et il termine en me disant que de toute façon
le cerveau était détruit, et moi j’ai cru qu’il était devenu un légume,
alors j’ai dit : je ne veux pas le voir, je ne veux pas le voir, et là le
médecin m’a regardé d’un air étonné en me disant comment, mais vous
ne savez pas, il est mort... ”.
Puis, après l’annonce du décès, afficher
sa volonté de récupérer les effets personnels du mort peut quelquefois
provoquer la suspicion des personnels de l’hôpital, attitude
choquante et très mal ressentie par les familles.
“ Ma
grand-mère est décédée à l’hôpital... On demande si ses bijoux
avaient été retirés, on nous a regardé, on nous a demandé de prouver
notre identité, savoir si on était bien les petites filles de notre
grand-mère, alors qu’on venait la voir tous les jours... Limite si on n'était
pas accusées de vouloir voler ses brillants... En plus la grand-mère ne
porte pas le même nom et là, ça a été une vraie galère pour pouvoir récupérer
ses bijoux ”.
Plus exceptionnellement, il
arrive que certaines structures initialement mises en place pour apporter
une aide spécifique aux mourants se révèlent inefficaces, voire allant à
l’encontre des objectifs initialement fixés. Ainsi, à l’hôpital de
Villeurbanne, en banlieue lyonnaise :
“ Les
soins palliatifs c’est épouvantable... Ils ont une structure où ils
veulent absolument aider la famille, il y a une psychologue qui n’a pas pu
faire carrière ailleurs et qui s’est retrouvée là... Elle veut
absolument aider... même quand on a pas besoin d’elle, c’est très
pesant, elle m’a gâché les dernières semaines où j’ai vu mon père...
Elle m’expliquait ce que c’était que la mort, elle m’expliquait les
rapports père / fille... J’ai failli la tuer... Je lui ai dit qu’elle
était chiante, elle a mis ça sur le compte de ma douleur mentale... Je me
suis calmée parce que j’ai trouvé que mon père n’avait pas besoin de
ça ”.
De même, si la réputation des SAMU n’est plus à faire en ce qui
concerne la rapidité d’intervention et l’efficacité des soins apportés
à des blessés, la spécificité du contact avec les proches d’une
personne venant de décéder semble emprunte d’un professionnalisme
beaucoup plus relatif. Le verbatim qui suit illustre le contact entre un médecin
de SAMU et la mère d’un jeune homme, quelques minutes après le décès
de celui-ci, intervenu par suicide d’une balle dans la bouche à son
domicile.
“ On s’est fait engueuler par le médecin du SAMU parce qu’on
lui avait dit que c’était très urgent, et lui a répondu : de toute
façon ça sert à quoi, il est mort, on ne va rien faire de plus. J’ai
dit si si, on va faire une trachéotomie, il m’a répondu vous n’êtes
pas médecin vous n’avez rien à dire... Après on s’est fait engueuler
parce qu’il y avait des bouts de verre par terre, et que son assistante a
glissé sur les bouts de verre... Je n’en avais rien à faire de son
assistante... Ce médecin a été odieux...”.
Les cas évoqués précédemment
illustrent les décès survenus à l’hôpital ou au domicile. Mais
lorsqu’il s’agit d’un accident de travail ou d’un décès survenant
sur la voie publique, ce sont la police ou la gendarmerie qui ont en charge
l’annonce du décès à la famille. Dans ce cas, les informations sur les
circonstances exactes du décès, sur le transport du corps,
sont rarement transmises à la famille.
Comme pour les
hôpitaux, l’annonce du décès et/ou les commentaires accompagnant cette
annonce peuvent se révéler ici aussi inutilement blessants pour les
proches.
“ C'était un accident
de la route... Je pense que c'est les pompiers qui l'ont amené là, en
fait, j'en sais rien. C'est des questions qu'on ne se pose même pas... La
gendarmerie, ils sont venus sonner à ma porte, et il y avait deux policiers
avec une dame parce qu'ils sont obligés de prendre une assistante sociale
de la mairie. J'étais là avec la petite... Je me suis demandée ce qu'ils
venaient faire là ; ils ont demandé à me parler, ils voulaient
rentrer chez moi mais je n'ai pas voulu du fait de ma fille. Donc j'ai dit
si vous voulez me parler, vous me parlez sur le pas de la porte. Alors ils
m'ont dit ça sèchement sur le pas de la porte, et puis ils sont rentrés.
De tout ce qu'ils m'ont dit, je ne comprenais rien. Ils vous annoncent ça,
on n'a pas le temps d'avoir une réaction, et direct ils partent sur leurs
trucs, qu'il fallait que je contacte la gendarmerie de St-J., qu'il fallait
que je fasse tel et tel truc... on ne comprend rien ”.
" Je
suis tombée sur des gendarmes avec qui je me suis flanquée une plumée
magistrale... J’avais expliqué que je ne voulais absolument pas que
l’on autopsie mon fils, et il ( capitaine de gendarmerie ) m’a dit :
de toute façon qu’est ce que ça peut faire, les médecins ils cassent la
croûte au-dessus des cadavres. Tout gendarme qu’il était, je l’aurai
tué, alors moi de rage je lui ai demandé s’il avait des enfants, il
m’a dit une fille, j’ai dit j’espère qu’un jour elle prendra votre
arme de service, qu’elle se tuera, et qu’après on la charcute à
l’institut médico-légal, et lui m’a dit ma fille est dans un fauteuil
roulant, j’ai dit : je n’en ai rien à foutre. Le lendemain il fallait
que je repasse à la gendarmerie, j’ai dit vous n’avez pas intérêt à
être là parce que je vous préviens je vous tombe dessus, et je ne serai même
pas condamnée ; il m’a dit c’est ce qu’on verra. J’ai dit :
devant un juge c’est vous qui serez condamné, ce n’est pas moi, de
toute façon je n’en ai rien à faire, rien à faire... Le lendemain il
s’est excusé, il a dit à l’un de mes fils : vous direz à votre mère
que je suis désolé de ce que j’ai pu lui dire, mais on a tellement
l’habitude... ”.
Pour les mairies, notaires
ou instituts médico-légaux, l’ensemble des interlocuteurs
institutionnels ou administratifs en fait, personne ne semble prendre en
compte l’état de choc dans lequel se trouvent les personnes venant de
perdre un proche. Encore une fois, ici aussi, les spécificités d’une
relation établie avec une personne sous le choc de la perte d’un proche
semblent systématiquement occultées.
Les démarches administratives
peuvent donner lieu à des situations vécues comme kafkaïennes par les
familles, par exemple lorsqu’il s’agit de “ prouver ”
le décès vis-à-vis d’interlocuteurs institutionnels tatillons voire
quelquefois suspicieux, alors que l’on vit soi-même au quotidien une
situation de deuil éprouvante.
Les formalités administratives peuvent évidemment être prises en charge
par les pompes funèbres, ce qui est la règle. Dans ce cas,
les personnes n’ont bien souvent pas conscience de la
complexité de ces démarches. Par contre, pour la minorité qui n’ont
pas délégué –par faute d’information ou volonté d’assumer-, il
s’agit d’un véritable “ parcours du combattant ”.
“ Maman, pour qu’elle puisse toucher la moitié de la retraite
de mon père, ça a été 6 mois de démarches intensives, avec envoi de
papier en 50 exemplaires, ça s’égarait, il fallait reprouver qu’il était
bien mort... On est écrasé par le chagrin et il faut en plus se battre
avec les administrations... L’autre jour, ça fait deux ans que mon père
est mort, ma mère reçoit une lettre recommandée adressée à mon père,
eh! bien la Poste ne voulait pas lui donner la lettre recommandée, il a
fallu qu’elle retourne à la mairie pour qu’ils certifient que son mari
était mort... Elle a mis 3 semaines pour avoir cette lettre ”.
En fait, on peut repérer un
manque à 3 niveaux, sur les démarches administratives à effectuer
lors de la survenance d’un décès :
-
Les
démarches ne sont pas
standardisées : les “ règles ”, notamment
l’exigence de présentation de témoins, semblent différentes d’un
lieu à un autre ou d’un interlocuteur à un autre, plus ou moins “ tatillon ”
ou au contraire plus ou moins “ compréhensif ”. A ce
niveau, l’arbitraire semble régner.
-
Les
démarches ne sont pas centralisées :
elles sont éclatées, ne sont pas gérées par un interlocuteur unique.
Il peut être ainsi nécessaire de “ prouver ” plusieurs
fois la mort du défunt, auprès de plusieurs administrations.
-
On
manque d’information : il semble qu’aucun organisme ne soit
susceptible de fournir à la famille de l’information couvrant
l’ensemble des démarches à effectuer, trop souvent “ découvertes ”
par les proches au gré des demandes des différents organismes concernés.
Ces “ manques ”
sont vécus comme des affronts au plus élémentaire respect du à la
douleur et au deuil. Leur illustration apparaît à tous les niveaux des démarches :
En mairie
:
“ L’administration,
alors là c’est terrible quand on va enregistrer un décès... En mairie
il y a un service spécial, alors eux c’est le genre épelez le nom, L-A,
R ? Eux franchement, ils n’assurent pas... Les gens qui enregistrent les décès
dans l’administration ne sont pas du tout préparés, pour eux on est un
numéro ”.
“ On a été à la mairie avec
maman, on nous a demandé de prouver qu’il était mort, ma mère avait son
certificat de décès... Le type nous dit, il faut que vous prouviez qu’il
a vécu... J’ai dit : je suis sa fille, je suis quand même la preuve
qu’il a vécu, mais non, il faut revenir avec deux témoins qui l’ont
connu vivant, j’ai trouvé ça... A la limite, il aurait dit : je
m’excuse c’est la loi, un minimum, au moins mettre les formes... Surtout
qu’on peut prendre le premier clodo dans la rue et on lui donne 50 balles
pour témoigner, c’est stupide... Il fallait prouver qu’il avait vécu
pour débloquer son compte en banque et faire toutes les démarches, il
fallait trouver des témoins étrangers, ni sa femme, ni sa fille ni son
fils... ”.
A
l’institut médico-légal :
“ Tout d'un coup,
quelques jours plus tard, je me suis rappelée que des affaires de mon mari
étaient restées à l’institut médico-légal et qu'il fallait que je les
récupère. Je suis allée là bas et j'ai eu à faire à une employée et
elle n'avait pas du tout la gravité que l'on attend d'un établissement
pareil. Elle était un peu fofolle, bête, et vraiment ça m'a vraiment
touché parce que je sortais des obsèques... Elle m'a dit des trucs idiots.
Elle est partie pour chercher les affaires, elle ne les trouvait pas... Elle
revient et elle me dit : il est encore là ? sur un ton guilleret alors que
je venais de lui dire que les obsèques avaient eu lieu tel jour, elle n'a même
pas fait attention. J'étais épouvantée... J'ai aussi appris que si je ne
venais pas, ses affaires allaient être brûlées... On ne m’avait jamais
dit qu'il fallait que je vienne
les chercher ”.
La
rédaction d’actes notariés :
“ On
est tellement dépassé... Avec les notaires on se fait complètement
arnaquer parce que l’on n’a pas en tête les choses pratiques ou les intérêts
matériels, et on se fait flouer de toute part ”.
“ On n’avait même pas fait de
procuration parce que j’avais confiance, il était encore jeune, 66 ans,
donc tout était à son nom, on n’avait rien fait et quinze jours avant sa
mort, le notaire m’a demandé si j’avais une procuration. J’ai dit que
je n’en avais pas besoin et il m’a dit que si, il fallait en faire une.
Il est venu au chevet de mon mari croyant lui faire signer la procuration. ça
c’est quand même très important à signaler. Le jour où il est venu lui
faire signer, le notaire lui a expliqué et il a compris mais il n’a pas
pu signer. Il était déjà paralysé. Le notaire a été très surpris de
le voir dans cet état. Il a fallu qu’on revienne avec deux témoins.
J’ai pris la femme du maire et une amie qui ont signé dans l’après
midi. J’ai attendu la dernière minute et ça m’a coûté très cher
pour le déplacement du notaire alors qu’on aurait pu le faire avant ”.
Le cimetière :
“ Ça
a été la galère pour des questions de nom de famille, le caveau était au
nom des grands-parents, il y a dû avoir des témoins de la famille de mes
grands-parents qui soient là... Ils ne portaient pas le même nom parce que
c’était ses grands-parents maternels. Il fallait deux témoins pour
prouver son appartenance à la famille pour qu’il puisse être enterré là ”
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