Le vécu et la perception
du deuil et des obsèques
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Etude réalisée par le CREDOC.
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Mort et société : un «non-dit» étouffant...
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Cérémonial et ritualisation : une mort digne passe par l’appropriation des pratiques
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Les pompes funèbres : un rôle central, une image ambivalente...
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Le service funéraire : des prestations satisfaisante...
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Les produits funéraires : des vecteurs de marchandisation du deuil...
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Recherches
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Pompes funèbres >
Le vécu et la perception du deuil et des obsèques > La mort : un sujet tabou > La perte d’un proche : un évènement difficilement imaginable
La mort : un sujet tabou
La perte d’un proche : un évènement difficilement imaginable
La mort semble toujours vécue par les proches
comme un évènement brutal, inattendu, même dans le cas de longues
maladies ou lorsque disparaît un parent très âgé ou hospitalisé. On ne
se résigne pas à imaginer que cette personne que l’on connaît depuis si
longtemps puisse “partir” à tout jamais, qu’en un instant cela
devienne irréversible.
Ainsi, pour certains, la séparation d’avec un être cher – enfant,
conjoint ou parent – peut conduire à de réels traumatismes
psychologiques. Plusieurs personnes ont déclaré avoir dû consulter un
psychiatre, et / ou consommer des tranquillisants afin de tenter de
surmonter l’épreuve, le cas le plus fréquent étant celui de femmes
vivant difficilement la perte de leur conjoint.
“ Il
était à l’hôpital depuis deux mois sans manger, attaché sur son lit
sans parler, et moi j’espérais toujours qu’il rentre à la maison ”
(mari décédé).
“ Evidement
elle n’était plus comme avant, à 97 ans on ne peut pas être comme à
90, mais ça a été un choc pour moi horrible... La veille je l’avais vue
presque normale, ça a été un choc affreux ; je l’ai très très
mal pris, on s’y attend toujours, mais on ne pense jamais que ça vous
arrive à vous, on croit toujours que c’est les autres... ”
(mère décédée).
“ On
n'est pas préparé, ça arrive pile sur la tête comme un coup de massue, même
si vous vous y attendez, parce que quand une personne est âgée, ça doit
bien arriver un jour, mais non je ne voulais pas y penser ”
(mère décédée).
“ C’est
la séparation, c’est un vide, c’est un malaise, c’est tout. C’est
une souffrance énorme et on se demande pendant longtemps si on va guérir.
Aujourd’hui ça va mieux (3 ans après) mais il y a des jours où ça ne
va pas. C’est le temps qui efface un peu ”
(mari décédé).
La mort des parents peut également être mal vécue, dans le sens où elle
renvoie à son propre vieillissement, comme si l’on avait franchi une étape
qui nous rapproche inéluctablement de notre propre mort.
" J’ai
des photos de maman et de temps en temps je lui dis : tu m’as laissé
tomber... Oui parce que finalement quand on perd ses parents, après il
n’y a plus personne avant nous... ”.
La perte d’un enfant peut quant à elle renvoyer à un
sentiment d’injustice, les personnes éprouvant alors un sentiment de révolte
à l’encontre de la mort. Celle-ci n’entre plus dans un cadre “ naturel ”,
n’est plus interprétée comme un aboutissement somme toute “ normal ”
de la vie, mais bien comme un scandale.
“ Ce
n’est pas juste... A cet âge-là, on n’a pas le droit de mourir ”.
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