Cercueils et capitons
Pour une majorité de personnes, le premier critère de choix concernant ces éléments est le prix :
le prix d’un cercueil est souvent jugé très élevé.
Ce critère est d’ailleurs quelque fois le seul critère pris en compte, notamment lorsqu’il s’agit d’une incinération.
" Le choix du cercueil quant à tel bois etc... on n’en a même pas parlé entre nous ".
" Un cercueil de base ça coûte cher... Il faut le capitonnage à l'intérieur, il faut le choisir, ça coûte très cher, il faut le coussin, le truc le machin. Moi je pensais que le cercueil c'était comme ça point, on ne choisissait pas tout... Tout ça c'est pénible... C'est n'importe quoi, c'est très cher ".
" Quand j’ai vu le prix des cercueils j’ai halluciné, il y en avait à 100.000 francs, 80.000 francs... Nous on a pris vraiment le basique, le moins cher ".
" Comme c'était quelqu'un qui voulait se faire brûler, on ne voulait pas un cercueil en chêne massif ou en merisier, donc ils ont été tout de suite vers les cercueils premier prix, sans fioriture sans rien. Ça rentrait totalement dans ce qu'on recherchait. Et c'est vrai qu'on a apprécié qu'ils ne nous forcent pas... C'était un premier prix et ils n'ont absolument pas insisté ".
" Le conjoint de ma belle-mère a pris un cercueil qui lui plaisait au niveau de la teinte du bois et des goûts de la défunte. Moi personnellement je suis contre le fait de payer très cher un cercueil. Je trouve que tout ça n'est pas très important, je ne trouve pas qu'il faille rendre un hommage financier à un défunt ".
Pour d’autres, à l’inverse – minoritaires – le prix apparaît comme un critère plus secondaire, le choix étant effectué en fonction de ce que l’on juge " correct " et correspondant aux attentes du défunt
" Je pense que l'effort de dépense que j'ai fait c'est surtout le cercueil. Il était tout capitonné, vraiment ils font des choses magnifiques. C'était tout capitonné de satin violine, c'était joli. C'est quand même dur mais quand on a l'impression de les voir partir bien, c'est mieux ".
" Pour choisir le cercueil une de mes filles est venue avec moi, maman voulait du mauve dans son cercueil j’ai pris ça, mais je n’ai pas été voir celui là il fait combien, on a pris quelque chose de correct, voilà... On n’a pas pris le premier prix parce que c’était vraiment moche, on a pris ce qui nous semblé qui lui aurait plu ".
Les plaques, la gravure
Les plaques sont soit choisies par les proches, soit apportées par des personnes tierces lors de la cérémonie. Ces produits, semble-t-il plus appréciés en milieu rural qu’en milieu urbain, paraissent dans l’ensemble relativement peu prisés, probablement parce que la plaque peut être considérée par certains comme un vecteur important de la marchandisation des obsèques ou un produit d’ostentation présentant un coût élevé.
Ici aussi, les propositions de pictogrammes ou de phrases types peuvent être jugées " stéréotypées ".
" La moindre inscription c’est 2000 francs, et ça c’est exorbitant, c’est nul, 2000 francs pour inscrire un nom."
" Nous n'avons pas mis d'ornement nous-mêmes parce que chaque personne amie ou famille a envoyé des fleurs ou des plaques. ".
" La tombe a été décorée pas par moi mais par les gens qui sont venus aux obsèques. Il y avait beaucoup de fleurs et de plaques ".
" Les plaques je n’aime pas, il y a des tombes avec 50 plaques je n’aime pas ça, je veux que ça soit net, fleuri mais net ".
Ainsi, il semble que cette perception d’un choix réduit à des produits perçus comme uniformisés soit susceptible de constituer un frein à l’achat.
" Pour mon père, on avait pensé mettre un livre en bois sur la tombe sur lequel on voulait faire graver une phrase, on ne l’a pas fait parce qu’on nous a fait comprendre que c’était trop compliqué, que ça n’existait pas, et puis tout va très vite on a envie d’être débarrassé et finalement le livre qu’on voulait mettre sur la tombe on ne l’a pas ".
Par ailleurs, la plaque peut être un motif d’insatisfaction dans sa réalisation : erreurs, délais, non prise en compte des desiderata de la famille...
" Ma mère a été incinérée et sur sa plaque on voulait mettre son nom de jeune fille et son nom de marié, et bon, ils se sont plantés, sur sa plaque ils n’ont mis que le nom de jeune fille, on a appelé, ré-appelé... finalement il n’y a toujours que le nom de jeune fille, alors que déjà pour mettre ce nom, la plaque est restée vierge pendant bien 15 jours... ".
" Après les obsèques, mon père avait commandé une plaque sur laquelle il avait demandé qu'on grave une phrase de son choix. Il avait pris la peine de l'écrire proprement sur un fac-similé papier de la plaque, malgré ça, il y a eu deux ou trois fautes d'orthographe et c'était vraiment laid donc il a fallu le refaire... ».
Les urnes
Les critères de choix d’une urne semblent être proches de ceux d’un cercueil.
Le prix est donc généralement un critère de choix majeur.
Un autre critère peut être l’utilisation de l’urne, destinée à être enterrée, immergée ou conservée, le choix est alors orienté vers des produits spécifiquement adaptés.
" La petite urne, je ne l’ai même pas vu, elle est restée chez C. (pompes funèbres) peut être 15 jours 3 semaines le temps qu’on choisisse une urne, qu’on fasse le nécessaire ( seconde urne destinée à être enterrée ). Mais vous avez des urnes en marbre qui font 10000 francs c’est de la folie, on a pris la plus simple, en granit parce que bon c’est de la pierre, ça coûtait 4200 francs ".
" Il fallait une urne qu’on puisse mettre dans la mer, biodégradable ".
Les fleurs
Avec le cercueil, les fleurs constituent un élément incontournable de la cérémonie funéraire.
A ce niveau, la traditionnelle cérémonie " sans fleurs ni couronnes " ne semble plus au goût du jour, d’une part parce que les fleurs constituent un symbole de vie - d’une certaine façon un antidote à la mort - mais également parce qu’il s’agit du présent le plus évident à offrir lorsque l’on se rend à une cérémonie.
Les fleurs sont rarement achetées dans une entreprise funéraire, les choix proposés ne répondant généralement pas aux attentes des proches : les fleurs artificielles sont très majoritairement rejetées - la fleur artificielle est peut être un symbole du " paraître ", ostentatoire mais sans vie - et
les fleurs champêtres sont préférées aux fleurs traditionnellement associées à la mort, œillets ou chrysanthèmes.
Les couronnes semblent relativement passées de mode, remplacées par le " dessus de cercueil ".
" Ma mère ne voulait pas trop de fleurs parce qu’autrefois ça se faisait un peu comme ça, ni fleurs ni couronnes, mais comme c’était une femme qui aimait les fleurs et les plantes... Et puis ayant vu l’enterrement de sa mère comme ça, elle m’avait dit c’est triste de ne pas avoir de fleurs ".
" Moi j’aime qu’il y ait des fleurs... J’aime mieux qu’il n’y ait pas de fleurs du tout que des fleurs artificielles... Je mets des glaïeuls, parce que papa et maman aiment beaucoup les glaïeuls, des roses et des géraniums ".
" On est passé par les pompes funèbres pour le grand truc sur le cercueil, la grosse gerbe là ".
" Les fleurs, on les a achetées chez un fleuriste. Dans les magasins de pompes funèbres c’est pas terrible, c’est des fleurs traditionnelles pour les morts, genre chrysanthèmes, les pauvres fleurs, nous on a choisi des fleurs champêtres, de beaux bouquets ".
" Les fleurs on les a choisies chez un fleuriste, parce que chez PF. c’est surtout les fleurs artificielles, on voulait des fleurs naturelles ".
" Autour de la pierre il y a une jardinière, et quand papa est mort j’ai pris un vase du même ton que la pierre avec ses initiales, on met des fleurs dedans, on fait des compositions, toujours des fleurs fraîches... Les fleurs c’est chez un fleuriste, les fleuristes de toute façon ils font tous du funéraire ".
Les objets d’ornement
D’une façon générale, le prix des différents achats effectués via une entreprise de pompes funèbres est souvent jugé élevé. De ce fait, des objets d’ornement tel que des vases, par exemple pourront être acquis
via d’autres canaux de distribution, et pour un coût jugé moindre.
" Mon père allait brûler un cierge à F. à chaque fois qu’il avait des galères de fric, donc ma mère a dit j’aimerais bien quand même qu’il y ait une croix sur son cercueil, la croix ils nous l’ont vendu 2300 francs, 2300 francs pour mettre une croix sur un cercueil ! ".
" Il y avait déjà un crucifix sur la tombe de mon père, je ne vois pas l’intérêt d’en mettre un second ".
Le caveau
Pour un caveau, le prix, bien que pouvant constituer un élément d’insatisfaction, n’apparaît pas comme un critère de choix majeur, en ce sens qu’il n’entre généralement pas en ligne de compte dans la décision d’acquisition.
L’achat d’un caveau et les différentes options possibles - nombre de places, cimenté ou pleine terre, durée de la concession... - sont généralement mal connus du public, certaines personnes ayant déclaré regretter le manque d’information disponible à ce sujet.
Le caveau cimenté semble préféré au caveau en pleine terre.
" 10270 francs, cimetière de P., pour un cinquantenaire. Les perpétuelles, je crois que ça n’existe plus, sinon trentenaire à 4785 francs, on n’a pas regardé au prix, alors il y a deux places, trentenaire non, quand même, dans 30 ans les enfants vivront encore peut être, alors... ".
" C’est un caveau familial, au départ c’était dans la terre et papa a fait faire un caveau, avec des murs en ciment ".
" On s'est renseigné à la mairie pour savoir comment ça se passe. Mes beaux-parents ont préféré faire une cuve parce qu'ils ne font pas de caveau à E. parce que là aussi, il y a différentes choses et là encore on n'est pas au courant non plus... Il y a enterré direct dans la terre, il y a la cuve et il y a le caveau. Donc évidemment, il y a plusieurs tarifs ".
" Je croyais que les tombeaux c’était pour deux personnes, en fait celui-là est pour 3, je l’ignorais ".
La pierre tombale
Lorsque l’on doit en effectuer soi-même l’achat, généralement lié à l’achat d’un caveau, la pierre tombale est jugée d’un prix élevé.
Ici, le prix peut constituer un critère de choix important.
Pour le reste, il semble que le choix soit jugé restreint, alors que l’on regrette encore une fois
l’aspect conventionnel de l’offre généralement proposée par les entreprises funéraires.
La pierre tombale est un élément important - ce qui explique que contrairement à un cercueil choisi dans l’urgence par exemple, l’on prenne son temps pour la choisir - parce que c’est l’élément qui reste visible une fois la cérémonie achevée,
élément d’intermédiation entre les proches en visite au cimetière et la ou les personnes décédées reposant dans le caveau.
" Le choix de la pierre on ne l’a pas encore fait, je sais que je veux du clair, ça me traumatise un peu parce que quand je vois tous ces marbres vilains, excusez-moi du terme, c’est vilain, d’un triste, mince, il n’y a que du rose, mais triste, du gris, du noir c’est sinistre, donc je vais prendre mon temps, je vais chercher mais je veux quelque chose de clair... Je ne sais pas encore qui je vais contacter, je vais certainement faire le tour des marbriers ".
" J’ai voulu quelque chose de très simple, c'est une simple pierre, sans jardinière et sans tête. C'est donc une simple pierre sur laquelle est gravé son nom, sa date de naissance et de mort et une étoile de David. ça ne sert à rien d'ajouter quelque chose ".
" La pierre tombale que j’ai choisie, moi j’ai d’abord regardé le prix, et puis, classique, je ne me rappelle même plus combien je l’ai payée ( elle reprend les papiers ) la somme de 12200 francs, alors voilà c’est R., marbrerie funéraire à P. ".
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