Le vécu et la perception
du deuil et des obsèques
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Etude réalisée par le CREDOC.
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Mort et société : un «non-dit» étouffant...
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Cérémonial et ritualisation : une mort digne passe par l’appropriation des pratiques
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Les pompes funèbres : un rôle central, une image ambivalente...
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Le service funéraire : des prestations satisfaisante...
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Les produits funéraires : des vecteurs de marchandisation du deuil...
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Recherches
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Pompes funèbres >
Le vécu et la perception du deuil et des obsèques > Cérémonial et Ritualisation : Une mort digne passe par l’appropriation des pratiques > Introduction
Les spécificités de la crémation
La cérémonie : quelques reproches
La descente du cercueil dans les flammes est généralement décrite comme un " spectacle éprouvant " pour les proches, comparativement à une mise en terre.
" Pour ma mère, l’incinération c’était au Père Lachaise, il y a des salles spéciales, je ne sais pas comment on appelle ça, il y a des gens en belle tenue qui font rentrer dans des salles, enfin il y a toute une cérémonie. Les gens assistent ou non à la jetée dans les flammes, ce sont des portes qui s’ouvrent et puis le cercueil est poussé dans, dans un four en fait. On nous demande avant si on veut assister ou non à la jetée dans les flammes, parce que c’est vrai que c’est violent. C’est le corps qui part dans le feu, les portes s’ouvrent et le cercueil disparaît, c’est quand même assez violent ".
" La descente du cercueil dans les flammes c’est un moment extrêmement éprouvant ".
" J'étais pas assidue à regarder si tout brûlait bien. J'y suis allée mais je n'ai pas regardé par le hublot pour voir si ça brûlait bien comme certains peuvent le faire ".
Plusieurs types de reproches ont pu nous être adressés concernant le déroulement de cette cérémonie :
Alors que le corps arrive en fin d’après midi au funérarium, il est conservé toute la nuit en attente d’être brûlé le lendemain matin. Cette incinération en " différé "
peut être vécue comme une épreuve supplémentaire pour les proches.
" Ça a été le plus dur. Ils ont pris le corps, et vu que la crémation ne se faisait que le lendemain, ils l'ont mis dans un espèce de placard, la porte était à hauteur de cercueil, je ne sais pas si c'était une chambre froide, et ils l'ont mis là en attente... ça s'est fait en deux fois, on y est retourné le lendemain pour la crémation en elle-même... Alors le plus dur, c'est cette position du cercueil dans un placard d'attente. C'est de l'autre côté de ce placard qu'il y avait la porte vers la machine. Ce qui ne me plaisait pas c'était l'idée de partir et de laisser quelqu'un que j'avais aimé et que j'aime encore dans un placard. Ca me dépassait totalement. Après, le lendemain, quand elle brûlait, c'était la mort, le point final, là elle partait ailleurs. Mais laisser le corps endormi d'une personne dans ce placard... la catastrophe ".
La présence de " commerciaux " en représentation durant la cérémonie, alors que les proches attendent que leur soit livrée l’urne, peut également être très mal ressentie.
" Le cercueil qui descend dans les flammes, et dans les 3 secondes qui suivent, il y a l’autre qui voulait absolument nous vendre un emplacement dans le jardin du souvenir... Un commercial en fait, un représentant, qui voulait nous vendre un emplacement... ".
Certaines personnes, en charge de guider la famille du défunt au funérarium, peuvent
également s’acquitter de façon plus ou moins pertinente du rôle qui leur est attribué.
" Pendant la crémation on rencontre un type dans le couloir, costume, machin, très bon chic bon genre, bonjour vous êtes qui, on s’est regardé, on n’a rien dit, bien vous venez pourquoi, il faut m’expliquer pourquoi vous venez. Le corps de mon fils avait été amené dans la matinée, et le gars qui pérorait au milieu, qui faisait des ronds de jambe, j’étais sidérée. Je dis on vient voir mon fils qui est incinéré; oh! bien sûr, venez boire quelque chose... C’était ce mec là qui s’occupait de la crémation, au crématorium de Lyon... ".
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