En occident, il faut remonter aux Romains pour observer les premiers développements de la crémation.
Le Judaïsme, l'Islam et l'Orthodoxie réprouvent cette pratique car elle porte atteinte à l'intégrité du corps, les hindous et les bouddhistes la pratiquent couramment.
Depuis l'origine, le Christianisme a aussi imposé l'inhumation en tant que pratique funéraire reconnue.
Pendant les persécutions, les catacombes tinrent lieu de premiers cimetières d'essence religieuse puis quand le christianisme s'étendit, les églises et les cimetières attenants s'imposèrent au plus grand nombre.
L'église n'hésitait pas à priver de rite ecclésiastique les personnes qui avaient recours à la crémation.
A la fin du XIXème siècle, la remise en cause du pouvoir religieux et l'action énergique des sociétés maçonniques relancent l'idée d'un autre mode de pratique funéraire en Europe.
Suivant la tradition religieuse de chaque pays, la crémation prit alors son essor.
En 1889, elle fut légalisée en France mais pendant un siècle, elle n'allait guère se développer dans notre pays tout comme dans les autres pays latins.
En 1989, on comptait en effet quelque 5% de crémations en France (3% en Espagne, 1% en Italie) alors que dans les pays de tradition protestante (avec quelques variantes : anglicans, adventistes et presbytériens sont contre) on observait des proportions nettement plus importantes (68% en Grande-Bretagne, 60% en Suisse et en Suède).
En 1996, 1 Français sur 3 exprimait le souhait d'être incinéré après sa mort.
En 1998, on atteignait 15% pour la crémation dans notre pays (3 fois plus en dix ans qu'en un siècle) et d'aucuns annoncent 20% pour bientôt.
Evolution de la crémation en France :

Diverses raisons sont mises, entre autres, en avant pour expliquer ce mouvement :
- acceptation officielle de l'église en 1963 (il n'en reste pas moins que cette dernière, dans sa doctrine, privilégie toujours l'enterrement),
- baisse de l'influence de cette dernière,
- pratique moins polluante ou réputée plus "propre" (destruction totale des germes),
- coût plus faible qu'un enterrement classique,
- manque de concessions dans les cimetières des grandes villes et prix prohibitifs ("laisser la terre aux vivants"),
- éviter l'entretien d'une tombe à sa descendance,
- adoption d'une philosophie orientaliste dans laquelle le corps n'est plus que secondaire.
Aujourd'hui, quand la famille a fait ce choix, les funérailles sont très normalement célébrées à l'église avant l'incinération. Les familles sont en effet totalement libres du choix entre inhumation ou crémation. Contrairement à ce que l'on peut voir en Allemagne, l'église se refuse à une quelconque célébration autour de l'urne cinéraire.
Il existe, en réaction à la progression de l'incinération, un certains nombre d'arguments défendus par ceux qui ne souhaitent pas y avoir recours :
- les effluents (fumée) des crématoriums ne sont-ils pas également polluants ?
- l'économie représentée par l'incinération n'est effective que lorsqu'elle n'est pas suivie d'une inhumation de l'urne dans une sépulture existante mais d'une remise des cendres à la famille ou d'une dispersion. Les autres frais sont identiques (cercueil, transport, personnel, etc...),
- ne pas tout considérer à l'aune de l'économie,
- le besoin de garder, une trace, un lieu de recueillement véritable gardien de la "mémoire sociale",
- dans le même esprit, l'indispensable "fil" nécessaire au long "travail de deuil".
A chacun de juger...