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Faire-part Pompes funèbres >  Actualités >  La formation : un devoir pour l'entreprise

La formation : un devoir pour l'entreprise


Bondy, le 08 Novembre 2005
En ces temps d'accélération permanente :
- le TGV raccourcit de plus en plus les distances
- la puissance des microprocesseurs double tous les 18 mois
- l'information fait le tour de la planète en quelques secondes
- des sommes énormes sont déplacées, d'un pays à l'autre à chaque instant, à l'aide d'un seul clavier
- on paye ses impôts sur internet, etc, etc.
- le dernier vainqueur du 100 m a encore amélioré le record d'un centième de seconde.
Comment ne pas souscrire à cette supplique qui permet de faire plus de choses sans allonger le temps passé à les réaliser : "on n'a pas de temps à perdre !"
La mère de famille, qui de surcroît travaille, offrira à sa maisonnée un petit plat mitonné chaque soir, à l'aide d'un simple micro-ondes qui prendra en charge la préparation sous vide d'un Paul Bocuse ou d'un Joël Robuchon. Son fils s'informera, de sa chambre, sur la vie complète de Christophe Colomb sans attendre la réouverture de la bibliothèque du quartier pour finir son devoir. Son mari aura déjà retenu pour leurs prochaines vacances - dans six mois - un séjour de rêve dans une île digne du jardin d'Eden.
Toujours plus vite, toujours plus loin. N'est-ce pas une belle époque que la nôtre ? On peut faire dix fois plus de choses en dix fois moins de temps ! Une nouvelle facette du bonheur...

Oui mais quand cette phrase ["on n'a pas de temps à perdre !"], qui semble être devenue le leitmotiv de nos sociétés civilisées, renvoie celui qui s'évertue à en faire partie vers son isolement voire sa marginalité, elle devient désastreuse voire abjecte.
C'est pourtant elle qu'ont entendu nombres de personnes, sortant d'une formation et sollicitant auprès des entreprises un simple stage de validation sur un lieu de travail. Ces stages, gratuits pour l'entreprise (pas de rémunération à verser) quand elle ne perçoit pas un léger dédommagement, sont de courtes durées et permettent au futur assistant ou futur maître de cérémonie, la tête pleine d'une récente formation théorique, de mettre en application les enseignements qu'ils ont reçu.

N'avons -nous pas tous eu besoin, un jour au début de notre vie professionnelle, d'une période d'apprentissage - au vrai sens du mot car de nos jours il a acquis une connotation dévalorisante - d'un professionnel aguerri qui nous transmette ses connaissances, d'une vision personnelle sur le terrain qu'aucun manuel n'apportera jamais ?
Ne pouvons-nous pas, nous professionnels qui maîtrisons notre métier, consacrer un peu de ce temps que nous ne croyons pas devoir perdre pour les autres ?
Sinon, comment assurer une bonne approche, une bonne technicité, une bonne connaissance de notre secteur d'activité à tous ces jeunes - et moins jeunes - qui nous apportent leur enthousiasme sincère et leur honnête dévouement ?
Quand on connaît les montants des sommes consacrées à la formation qui sont versées mais qui ne sont pas utilisées par nos entreprises (voir Résonance N°...), quand on sait que ces sommes substantielles inutilisées, appartenant à la filière funéraire, bénéficieront à d'autres branches professionnelles (aviation, hôtellerie...), il n'y a plus rien d'autre à dire - après avoir ravalé une sourde irritation- que : "Aide-toi et le ciel t'aidera", en d'autres termes, "Si tu veux trouver des gens bien formés, participe aussi à leur formation".

Combien d'entreprises, lorsqu'elles ont besoin de nouveaux personnels, n'ont que le recours classique à la petite annonce mensuelle des magazines professionnels, "on n'a pas de temps à perdre !"
Combien d'entreprises, lorsqu'elles ont besoin de nouveaux personnels, n'ont que le recours de débaucher, avec 100 euros de plus sur le salaire, le petit dernier fraîchement formé par l'entreprise concurrente qui, elle, a fait l'effort de formation, "on n'a pas de temps à perdre !"
Combien d'entrepreneurs pestent contre le désintérêt croissant des personnels, leur tendance à tomber dans la routine, ou le manque d'employés sérieux sur le marché, sans jamais utiliser ce droit - ce devoir - que sont les fonds affectés à la formation, "on n'a pas de temps à perdre !"

Alors, cessons de perpétuellement "râler" contre tout et tout le monde (l'Etat, le gouvernement, les ministres, le CNOF, les syndicats, la réglementation, les fonctionnaires, les concurrents, les autres, la belle-mère...) et appliquons- nous aussi à accomplir ce qui fait partie de notre métier de chef d'entreprise : lui donner le meilleur en commençant par ce qui en fait sa plus précieuse substance, c'est à dire ceux et celles qui travaillent pour elle.

La conclusion vient d'elle-même. Il reste, pour 2005, 800 000 euros à dépenser pour la filière funéraire, dans l'intérêt des ses collaborateurs et de ses entreprises. Alors, une seule réflexion s'impose ; pour les dépenser : "on n'a pas de temps à perdre !"


G. Véclin, réseau France Obsèques Liberté.