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Y'a -t- il encore quelqu'un que cela intéresse ?

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Bondy, Décembre 2003

Décembre 2003

Il y a quelques jours, " Envoyé spécial ", magazine de France 2, montrait le film du mois d'août, commandité par les services de la ville de Paris : des images terribles mais, en même temps, une sorte d'hommage aux personnels des services funéraires.

Comparé aux années précédentes, le nombre des décès s'est accru de 700 % sur 3 jours ! Les mesures d'urgence (grand parking d'Ivry avec une escouade de camions réfrigérant tournant jour et nuit) n'ont été mises en place que plusieurs jours après le début de la surmortalité. Les informations ont été soigneusement encadrées et suffisamment celées pour que le bon peuple ne " panique pas " (sic).

Mesure contre productive, puisque au lieu de disposer d'informations réelles et fiables, on a assisté à une série d'improvisations (elles ont tout de même répondu aux besoins criants) pour ne pas dire de " bricolage " qui ont peut-être généré, par ce " black-out " digne d'un autre temps, d'autres décès qui auraient pu être évités si la population avait été correctement informée.

Et puis l'on assista à la traditionnelle querelle chiens/chats entre nos zélés représentants politiques de tous bords : " C'est de ta faute, t'étais en vacances ! ", " Non, c'est de la tienne, tu n'avais pas mis les mesures en place quand t'étais là ! " qui n'aboutit généralement à rien d'autre que de ne plus amuser personne. Enfin…

" Mais attendez ! Nous n'avons pas dit notre dernier mot ! Nous allons créer une commission ! "

Et alors là, il y a lieu de s'inquiéter ! 

Je ne me souviens plus du nom de l'homme politique qui a dit : " Pour enterrer une question à problème, nous n'avons qu'à créer une commission ! " mais il y a fort à parier que nombre de tiroirs, des meubles de l'Assemblée Nationale, regorgent de rapports qui n'ont intéressés que ceux qui les ont conduits, sans jamais changer ensuite le somnolent cours des choses.

Nous n'avons pas pour habitude de " taper " sur le dos des politiques. Comme dans tous les groupes humains, il en est sûrement de sincères qui travaillent vraiment à l'amélioration du fonctionnement de notre pays.

Néanmoins, que penser quand tous les nombreux appels des professionnels des services funéraires se heurtent à un mur d'indifférence.

N'est-il pas temps de reconnaître que nous n'étions pas prêts, en tirer des enseignements, mettre en œuvre tout ce qui peut l'être pour, s'il y avait une prochaine fois, éviter comme l'a très bien dit un étranger dans le film de France 2, " cette situation indigne d'un pays comme la France ".

Il faut tout de même savoir que des chambres funéraires non loin de Paris sont restées inoccupées alors que nous ne savions plus où mettre les corps en Ile de France ! Commençons donc par répertorier les équipements et les lieux existants. 

Nous n'avions pas assez de véhicules de transport et de thanatopracteurs. Portons à la connaissance des professionnels les listes préfectorales des départements limitrophes.

Les crématoriums étaient saturés ; celui de St Ouen l'Aumône (à 60 km de Paris) restait sous-employé : son existence récente n'était pas connue de tous les professionnels.

On pourrait encore en citer un certain nombre d'autres comme cela. Mais trêve de ressassements. Mettons-nous au travail ! 

Y'a -t- il encore quelqu'un que cela intéresse ?


Gérard Véclin, directeur du réseau France Obsèques Liberté.