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Bondy, Juin 2004

MERCI MADAME LECOMTE ! (Directrice de l’Institut Médico-légal de Paris)

C’est, en effet, la première réaction que nous a inspirée une lecture synthétique du rapport sur les décès massifs*, élaboré sous sa conduite, récemment publié mais qui suscite peu de reprises dans la presse grand public.

Nous avons retrouvé dans ce rapport la prise en compte des préoccupations développées par les professionnels indépendants, un grand nombre des propositions déposées (notamment par nous) et un certain nombre de suggestions nouvelles vis-à-vis de l’existant.

Des remarques telles que : " simplifications des procédures administratives ", " travailler ensemble dans un souci de complémentarité " nous agréent particulièrement.

Le constat d’une volonté de recréation d’un " monopole de fait " par certains expressément indiqué dans ce texte (sic) montre que ce que disent nos organisations professionnelles, ces dernières années, n’est pas seulement dû aux séquelles douloureuses de nos anciens combats contre lesdits monopoles. Cette situation détourne ainsi une grande partie des entreprises indépendantes de la mission de service public qu’elles pourraient délivrer. Le rapport indique explicitement que certaines d’entre elles – qui auraient pu contribuer à une meilleure gestion de la crise - n’ont même pas été sollicitées alors que les " titulaires " étaient débordées !

Le risque existe bien. Il émane aussi de certains qui se piquent de défendre la liberté de l’entreprise individuelle et l’intérêt des familles...
En effet, en cet été 2003, on a pu voir une occupation constante des médias par un très petit nombre d’opérateurs (gros), certains intervenants " porte-parole " n’ayant même jamais exercé véritablement la profession ! D’où cette impression diffuse qu’il n’y aurait eu que quelques entreprises qui auraient réagi efficacement à la crise, impression renforcée par les informations sur la mortalité du moment qui, dans un pays comme le nôtre, ne pouvaient être données que par une société privée à capitaux étrangers ! Mais on était en vacance(s)…

Pendant ce temps, nos (petites) entreprises, hyper-mobilisées, ont accompli en quatre semaines l’équivalent de trois mois d’activité. Nous avons déjà rendu hommage à nos collaborateurs pour l’extraordinaire conscience professionnelle dont ils ont fait preuve en travaillant 12h00 et plus par jour, y compris les dimanche et jours fériés.

Cela dit, étant détenteurs d’une mission de service public, il nous apparaît normal de devoir faire face à ce type de cas, lorsqu’il se présente, et nous ne connaissons pas de chef d’entreprise indépendante, digne de ce nom, qui ait reculé ou qui n’ait pas pris ses responsabilités.

Nous disons OUI pour la clarification – et la simplification - du certificat de décès et du bracelet l’accompagnant, la cellule mobile " juridique " présente sur place, la " traçabilité " du corps, l’unification des pratiques administratives et des documents (regroupement, vacations de police), le cahier des charges national auquel devrait répondre les entreprises, à l’élargissement des horaires d’ouverture des cimetières et des crématoriums et en règle générale, à la quasi-totalité du rapport.
En effet, si la situation s’est nettement améliorée, en août 2003, lorsque nous avons pu augmenter le nombre d’inhumations après que le Préfet ait suivi notre demande (13 août), tel n’a pas été le cas avec les crémations car malgré une demande réitérée pour des horaires plus larges (ainsi que dimanche et jours fériés) pour les crématoriums et ce, dès le 14 août, nous n’avons pas été suivis. Trois longs jours de perdus, une attente repoussée à 12 jours pour une crémation et l’ouverture du dépôt de Rungis le 17 août.
Nous prétendons que cette ouverture aurait, peut-être, pu être évitée si à l’instar des cimetières les crématoriums (tous) avaient augmenté leurs capacités d’accueil. Peut mieux faire ! Nous persistons et signons en espérant que les propositions en ce sens, contenues dans le rapport, seront retenues.

Enfin, OUI pour les critères de qualité puisque, pour notre part, nous avons déjà instauré dans nos entreprises des procédures à tous les niveaux pour chaque poste de travail et OUI aussi pour la norme ISO mais là encore attention : il ne faut pas que pendant les périodes de crise, celle-ci soit délaissée, remisée au placard des bonnes intentions. Cela s’est vu. Nous voulons mieux qu’une qualité administrée.

Pour conclure, nos entreprises sont tout à fait prêtes à répondre " PRESENT " à la future convention nationale (qui reste pour l’instant le pré carré de quelques-uns) avec toutes les obligations et contraintes découlant de la mission de service public, avec toute la disponibilité, la mobilisation et l’humanité requises en période de crise car si nous intervenons en tant que professionnels, nous n’en sommes pas moins citoyens.

A quand, la signature ?

* Rapport disponible sur le site Internet du Ministère de la Santé


Gérard Véclin, responsable du réseau d’entreprises indépendantes France Obsèques Liberté.